"By all means, off with his head... and don't forget the scrotum."

Avis sur Mad Dog Morgan

Avatar Morrinson
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5 ans après The Last Movie (1971) qu'il a lui-même réalisé, Dennis Hopper incarne le protagoniste de ce film peut-être encore plus barjot qui raconte l'histoire — voire même la légende — du plus célèbre bandit australien, Daniel "Mad Dog" Morgan, au milieu du XIXe siècle. Avec une réalisation aussi bordélique et brinquebalante, avec un traitement photo aussi peu probant, le centre de gravité du film de Philippe Mora se situe manifestement du côté de l'envers du décor, raconté en particulier dans le documentaire fourre-tout et malpoli Not quite Hollywood (2008) : c'est-à-dire, très clairement, les déboires de Hopper durant le tournage, tellement volontaire pour se mettre à la place d'un fou furieux qu'il commençait ses journées par de grosses rasades d'alcool et de grosses doses de drogue. Il se serait même pris une cuite sur la tombe du vrai Morgan avant d'être expulsé du pays... Il en résulte un portrait totalement halluciné de cet immigrant britannique venu faire (ou plutôt tenter de faire) fortune en Australie comme des milliers d'autres.

Sauf que le Mad Dog Morgan est un condensé de phénomènes erratiques, du n'importe quoi qui oscille entre des registres et des rythmes radicalement différents pour former un amas protéiforme ne ressemblant à pas grand-chose de connu. Parfois ridicule, parfois gênant, parfois tragique... Insaisissable, en tous cas, et pas uniquement à cause de la présence de Hopper alliée à celle de David Gulpilil alors assez jeune. Hopper bouffe la pellicule, c'est impressionnant, avec ses yeux de grand malade, un concentré de folie brute, à la fois drôle et inquiétant, un anti-héros par définition. Son passage en prison sera un sommet de troublant, marqué au fer rouge (au sens propre) et violé lors de son long séjour. Ce personnage de Robin des bois australien bénéficiant de la sympathie de la population pour ses attaques contre les propriétaires exploiteurs cristallise de profonds tourments, le long d'un parcours nihiliste, chaotique, et largement autodestructeur (à grand renfort de whisky et de cocaïne, bien évidemment).

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