Un clair de terre mélancolique

Avis sur Moon

Avatar Alice Perron
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Porté intégralement par l’excellent Sam Rockwell, la photographie de Gary Shaw et la musique envoutante de Clint Mansell, il est difficile de parle de Moon sans en révéler le contenu. Mais avant tout on peut saluer Duncan Jones, qui prouve qu’on peut faire un film de SF beau et intelligent, avec peu de moyens et surtout sans tomber dans le spectaculaire et les effets faciles. Le réalisateur traite son sujet sans se cantonner aux habituelles questions existentialistes. Au contraire, Moon pose une vision désabusée, où les personnages sont rapidement résignés. Un des thèmes transcendant est également l’illusion du choix : le choix de travailler sur la lune comme quête personnelle, le choix de faire une maquette, le choix d’obéir / désobéir au robot, le choix de (sur)vivre… Duncan Jones ne se pose pas en juge, mais plutôt en observateur. Cette vision du future est dérangeante par son réalisme, car elle parait tellement « digne de notre société ». Paradoxalement, le dénouement étrangement optimiste fait tâche, et sa brièveté laisse penser qu’il n’est pas vraiment assumé.

Moon révèle assez rapidement le cœur de son intrigue, mais est réalisé habilement, de manière à ce qu’on ne s’ennuie pas. Malgré l’ensemble plutôt sombre du film, quelques piques ironiques épicent également l’ensemble. En revanche, l’effet de fascination ne résiste pas à un second visionnaire du film (même plusieurs années après), qui — tout en restant un très bon film de SF — perd un peu en saveur.

J’ai découvert Moon après Source Code, et les deux mettent en avant une vision fascinante et forte de leur réalisateur, une anticipation réaliste, mélancolique et inquiétante de notre futur.

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