Gavin O’Connor maîtrise son casting à la perfection. En revanche, on ne peut pas en dire autant de ses qualités scénaristiques qui s’effrite dans cette dernière œuvre.


On aura beau discuté autour du rôle monotone de Ben Affleck (Christian Wolff), or ici tout comme dans la surprise « Gone Girl », il se démarque en imposant son style. Son personnage n’est pas gourmand en vocabulaire mais reste expressif en tout temps. Ce côté à la fois hésitant dans son esprit et de l’autre assurant dans ses actes, il parvient à se montrer captivant. On ne vient pas offrit l’innovation en matière d’action, mais la recette met en valeur ce héros de l’ombre. On a déjà vu le résultat avec « Warrior » et le spectacle était à son comble.


C’est alors au dépend d’une intrigue solide et crédible que le film se prend au jeu de cache-cache. Un simple divertissement qui emploie quelques scènes d’actions afin de rythmer un discours moral sans queue ni tête. Cela dit, le rendu visuel est à régaler d’adepte du genre, où les explosions ou encore courses poursuites ne s’attardent pas à en vendre un déluge d’effets spéciaux inutiles.


O’Connor appréhende ainsi une touche bien dosée en humour, accompagné d’une légère pointe d’émotion. C’est donc via l’intermédiaire de la surprenante Anna Kendrick (Dana Cummings) que l’on recolle la passion manquante dans cet univers niais que nous fait découvrir un Wolff solitaire et perturbé. Malgré sa présence, cette douceur était-elle nécessaire ? Il en va de même pour l’apparition d’un Jon Bernthal (Brax) suffisant et sans matière. Les circonstances font que ces deux personnages ne se marient pas comme le réalisateur le désire. Un choix laborieux aux yeux d’un cinéphile en quête de « passion et d’émotion ». La complexité du personnage ne permet donc pas une exploitation correcte de ces caractères qui peuvent découler de relations, dont le spectateur apprend vite à décoder.


Au final, Mr Wolff se montre décisif dans des intentions prometteuses, mais ne développe pas tout son potentiel. Il prend néanmoins le temps et beaucoup de soin à répondre à l’écriture d’un héros, afin de divertir un spectateur aux premières loges dans une mise en scène qui rime avec diversion.

Cinememories
7
Écrit par

Créée

le 9 juin 2017

Critique lue 285 fois

Cinememories

Écrit par

Critique lue 285 fois

2

D'autres avis sur Mr Wolff

Mr Wolff

Mr Wolff

9

LE COMPORTEMENT C’EST LA COMMUNICATION

Il m'est difficile de fréquenter d'autres personnes, même quand je le voudrais. Excellente surprise que ce long métrage signé Gavin O'conor dont je ne suis pas un fervent fan hormis pour son...

le 1 oct. 2018

Mr Wolff

Mr Wolff

3

Sergent_Pepper

3172 critiques

♪ J’aurais voulu être un autiste…♫

Quand Ben Affleck n’est pas Batman, il a tout de même du mal à ne pas être un super héros. Mais comme il a compris qu’on limitait un peu son jeu à la carrure de sa mâchoire, il s’est dit qu’il...

le 6 janv. 2017

Mr Wolff

Mr Wolff

5

Val_Cancun

2673 critiques

L'expert (comptable)

Il faudrait inventer une notation à part pour ce genre de film, comparable à un plaisir coupable. Car on se trouve clairement face à du cinéma popcorn, proche de l'univers des séries TV, qui m'aura...

le 8 janv. 2017

Du même critique

Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)

Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)

8

Cinememories

1603 critiques

Ce qu’on donne, ce qu’on reçoit, ce qu’on transmet

"L’argent et l’amour font certainement partie des piliers fondamentaux dans les relations familiales thaïlandaises. Pat Boonnitipat prend un malin plaisir à disserter sur sa culture dans son premier...

le 14 avr. 2025

Buzz l'Éclair

Buzz l'Éclair

3

Cinememories

1603 critiques

Vers l’ennui et pas plus loin

Un ranger de l’espace montre le bout de ses ailes et ce n’est pourtant pas un jouet. Ce sera d’ailleurs le premier message en ouverture, comme pour éviter toute confusion chez le spectateur,...

le 19 juin 2022

Ouistreham

Ouistreham

6

Cinememories

1603 critiques

Nomadland à quai

Il était très surprenant de découvrir Emmanuel Carrère à l’affiche d’un nouveau long et à l’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs, sachant la division du public sur « La Moustache » et malgré...

le 18 janv. 2022