La Contredite aigüe

Avis sur Oldboy (US)

Avatar Volte
Critique publiée par le

Je souffre d’un curieux mal, celui de la contradiction intempestive. On me dit oui, je réponds non. On me dit non, je rétorque peut-être. Toujours à contre-pied, jamais où on ne m’attend. Et si par malheur, mon interlocuteur se range de mon côté après moult engueulades, immédiatement, j’enclenche la marche arrière. Une habile pirouette et me voilà capable de contredire mes propres dires avec une mauvaise foi susceptible de faire pâlir de jalousie un politicien chevronné. Oui, m’sieur, dame, c’est une gymnastique intellectuelle de chaque instant. Dans quel objectif, me demanderez-vous ? Pourquoi tant d’efforts pour opposer en toute circonstance un avis contraire ? La réponse est évidente, je suis un être à part, différent de la norme et cela, j’entends bien le faire savoir.

Old Boy version ricaine ayant essuyé une averse de crachats de la part du public, j’ai conclu que ce film était un chef-d’œuvre avant même visionnage. Après avoir commandé six posters géants de Josh Brolin s’extirpant de sa malle et en avoir tapissé les murs, le plafond et le sol de ma modeste demeure, je me suis décidé à jeter un œil enthousiaste sur cette merveille cinématographique. Et là, c’est le drame, l’imprévu. Fin du film, je me suis senti vaguement nauséeux, fébrile comme au sortir de vingt ans de réclusion dans une pièce de quinze mètres carrés. Impossible d’encenser l’Old Boy US, impossible d’y trouver des motifs de satisfaction dignes de ce nom. La tâche s’annonce ardue, certes, mais je ne m’avoue jamais vaincu. Dix-huit visionnages plus tard, la révélation : les scènes de baston ne sont pas si dégueulasses. C’est un bon début, encore un effort et on va finir par l’apprécier ce putain de film !!

A chaque tentative, je m’efforce d’être plus conciliant. Ok, ok, Brolin en fait des tonnes dans la première partie. Il gueule, il chiale, il grimace, il jure, il se tape un coussin, il hurle, il cogne dans le mur, il se fait pote avec une souris... allez, ce manque de finesse est excusable. Ok, ok, le père couche avec sa fille dans le jardin du collège mais ça aurait pu être pire, moins discret. Une levrette sur un rond-point en heure de pointe, là d’accord, on aurait pu trouver à redire. Bon ok, ok, y’a plus la magie de la version Coréenne, la musique fantastique, l’incroyable Choi Min-Sik mais on peut s’en passer, non ? Puis le costume de Samuel Jackson, ça vaut bien un petit point de plus ? Un demi point ? Un quart ? Oh et puis merde, j’abandonne, ce film est bidon.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 1554 fois
49 apprécient · 1 n'apprécie pas

Autres actions de Volte Oldboy (US)