Le spectateur ne peut pardonner ça...

Avis sur Only God Forgives

Avatar Guillaume Gillon
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Après la révélation "Drive", la côte de Ryan Gosling et de Nicolas Winding Refn a explosé auprès du public. Dire que leur nouvelle collaboration était attendue relève de l'euphémisme. Après le visionnage d'"Only God Forgives", on pourra également ajouter que la déception sera proportionnelle à l'attente et accessoirement à la mégalomanie de son réalisateur.
Absolument tout respire la médiocrité.
Il ne faut pas confondre scénario minimaliste et absence d'histoire (ça c'est pour les cinq scènes réellement utiles qui expliquent l'intrigue dans son intégralité en dix minutes et les 80 minutes restantes à jeter).
Il ne faut pas confondre jeu d'acteur et expression monolithique (ça c'est pour Ryan Gosling qui a la même tête tout le long du film, qu'il parle à sa mère, qu'il interroge le meurtrier de son frère ou qu'il reluque une prostituée).
Il ne faut pas confondre mise en scène travaillée et longue publicité pour des luminaires (ça c'est pour l'obsession du réalisateur à gérer plus l'éclairage de ses décors que d'éviter l'ennui aux spectateurs).
Il ne faut pas confondre "se fondre dans le personnage" et un relooking extrême grotesque (ça c'est pour Kristin Scott Thomas, risible en chef blonde d'une organisation criminelle, ressemblant plus à une ancienne prostituée ayant un peu trop longtemps traîné sur le trottoir).
Il ne faut pas confondre ambiance posée et oeuvre lente (ça c'est pour les acteurs qui ne font que marcher au ralenti tout le long du film et le nombre de dialogues encore plus faible que la quantité de répliques de Rihanna dans "Battleship").
A vrai dire, la seule chose que l'on pourra un tant soit peu apprécier est la mise en scène de la violence montrée ici sans concessions. Mais rien de suffisant pour relever le niveau de ce triste spectacle.

EN BREF : "Only God Forgives" pourrait mériter la palme de l'arnaque du moment, ou comment un réalisateur et sa star, boostés par un succès critique et commercial de leur précédente collaboration, nous pondent une oeuvre baignée dans l'auto-satisfaction, la prétention et malheureusement la médiocrité. Un modèle du genre à ne surtout pas reproduire.

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