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Only God Forgives n’est pas un bon film. N’allez pas croire que vous verrez Drive, pauvres naïfs. N’allez pas espérer que Fight Club se soit payé un lifting, pauvres consommateurs. Ne supputez point que Kick Boxer se soit offert un remake avec un acteur métrosexuel.

Fuyez, pauvres fous !

Certains, dans la salle, espéraient probablement que cette histoire de vengeance fusse produite par Europa Corp pour une meilleur rentabilité pop corn/ticket/cerveau disponible.

Non, Only God Forgives n’est pas un bon film.

Mais moi j’ai aimé Only God Forgives. J’emmerde l’intello, j’emmerde le crétin.

Et j’emmerde Jason Statham.

Alors pourquoi je l’ai aimé ce film de fumiste dont le scénario tient sur la tonsure d’une pute thaïlandaise et dont la moitié des acteurs ont l’air de redescendre d’un trip sous champix ?

On commence par l’évidence : la magnificence esthétique qui envoûte, qui happe et retourne, flatte et captive. Rouge comme l’enfer, bleue comme l’effroi d’un cauchemar éveillé balisé de néons. La photo de Larry Smith —déjà responsable de celle de Bronson, et de Eyes Wide Shut (je reviendrai sur Kubrick)— ferait presque passer le dernier Wong Kar Wai pour un téléfilm.

Mais Refn se bâtie aussi peu à peu une esthétique sonore marquée. Le seul point commun, Gosling exclu, entre OGF et Drive est cette association nocturne urbain/musique à consonance électronique qui au passage a bien servi les annonceurs pour prendre tout le monde pour des cons. Le score de Martinez s’inscrit dans la lignée hypnotico grandiloquente à grand renfort de « POiiiiinnn » et de « BÔOOOOOOMMMMMM » (comme dirait l’autre) bien en vogue actuellement, mais qui étaye avec beaucoup d’efficacité voire de pertinence l’impression donnée par la direction artistique de dédale psychologique et viscéral ambiant.

Couloirs, motifs complexes répétés, formes géométriques en pattern , portes ouvertes donnant sur une obscurité opaque, lignes multidirectionnelles, personnages qui marchent de profil ne semblant venir de ou aller nulle part, rotations de caméra, multiplication des placements de prises de vue d’une même pièce ou rue, poursuite qui tourne en rond, musique qui fait « POiiiiiiin », musique hypnotique, musique qui fait « BÔOOOOOOMMMMM », insert, contre champ, motifs complexes répétés, lumière rouge, néon, reflets bleus, sang, violence graphique, visages, formes géométriques en pattern. CE PUTAIN DE FILM EST UN LABYRINTHE.

Non, Only God Forgives n’est pas un bon film.

Pourquoi je pense à Kubrick ? Après tout, je ne suis pas un expert. L’emphase sur les visages immédiatement iconiques, avec postures de gravures apparaissant dans des travellings soulignés de cordes synthétiques ? Sainte poufiasse mère de mes deux. Saint Machette. Saint Martyr un coup. Ni saints, nibards.

Si, un bar. Le bar de faire des cauchemars.

Et quand j’ai cru qu’il suffisait de faire une pub pour appareils photo et imprimante laser pour faire un beau film tout brillant, Refn est sorti et a filmé la nuit asiatique comme personne ne l’a fait depuis Kar Wai dans Duôluô Tiânshî.

D'ailleurs, Refn a fait un film asiatique. Et ne riez pas jaune.

La vengeance c’est vendeur, comme thème. OGF aurait pu être tacheronné par Olivier Megacon pour Besson le niveau. Ils auraient mis un ou deux savons roses dans le fond avec une B.O de Daft Punk remixé par Justice. Jet Li aurait fait un bond ou deux, propulsé par un canon ou un trampoline pour avoiner du gros méchant à cheveux gominés.

Ça aurait duré 90 minutes tout rond, pub pour Audi et Hugo Boss comprises, chaque plan ne dépasserait pas 2 secondes, filmé à l’épaule parce que wesh les nerfs.

Là tu observe oedipe, tu sais pas si c’est l’enfer de dérouiller ou si il rêve de partir. Est ce qu’il est encore là, d’abord ? Il a envie de tuer la mère parce qu’elle le prend pour paire et c’est juste viscéralement insupportable. C’est étrange comme ça dérange les silences. Alors Refn il t’emmerde et il prend bien le temps de les appuyer.

On en discutait en sortant de la salle avec @Aqualudo. OGF est intéressant justement parce qu’il dérange, il divise, il interpelle.

Refn a au moins le mérite d’avoir une démarche, et d’aller jusqu’au bout de son parti pris.

Lancinant.

Laconique. (et nique la VF de merde au passage)

Symbolique.

Esthétique.

Assumé.

Non, Only God Forgive n’est pas un bon film.

Mais je t’emmerde.
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