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Avis sur Only God Forgives

Avatar Mike Zimmermann
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ONLY GOD FORGIVES, se matérialise comme un coup de genou asiatique dans le nez ensanglanté d’Hollywood, un peu comme un train percutant une automobile sans airbag, un peu comme une rafale de chevrotine se logeant dans un genou. Ça fait super mal.
Nico déploie tout ses pouvoirs, toute sa puissance, il dévaste brutalement la recette de son film précédant en redonnant un nouvelle aspect, une nouvelle image à Ryan. Quoi de plus judicieux que de mener le spectateur sur une fausse piste avec une bande annonce machiavélique ? De faire croire que Ryan sera présenté comme dans Drive, un grand bonhomme sans peur ni crainte ? Tu en as fait un martyr en lui ramollissant le visage défoncé par les coups de l’inspecteur infaillible de Bangkok, tu as parfaitement symbolisé l’impuissance notamment dans plusieurs plans fixe admirablement bien orchestrés.
C’est du grand travail d’auteur, un grand cru tinté de globules rouges, un incroyable voyage qui vacille entre réel et délires cauchemardesques, un fantasme psychédélique qui, une nouvelle fois, révèle une grande maîtrise stylistique. NWR reste fidèle à sa dimension, à son atmosphère constamment froide. L’univers malsain d’OGF s’emboîte de façon labyrinthique avec ses effets visuels étranges, sa musique angoissante qui rappelle un rêve agité, ses déchaînements de violence illustrant la cruauté barbare de l’être humain. Le film offre également de nombreux sous entendues, particulièrement dans cette fameuse séquence où l’actrice Kristin Scott Thomas, la mère tyrannique et manipulatrice demande à son fils, un baisé ; Relation incestueuse ou simple preuve d’affection, le doute est permanent.
N’oublions pas de souligner l’importance des effets acoustique et sonores instrumentés par Cliff Martinez qui renforce le développement d’une émotion quand elle est fusionnée à l’image et également pour Vithaya Pansringarm l’inspecteur arbitraire, très convainquant pendant les fameuses scènes de chant karaoké.
Ryan Gosling, l’être idolâtré, a été balayé d’un simple coup de ballet, malgré son charisme mit à l’épreuve il reste efficace et revête l’habit de l’impuissance aussi bien physique que sexuelle avec une très grande dextérité. La performance des interprètes donne aux personnages une authenticité et un discours noué de sens.
Refn signe pour ma part un chef d’œuvre pour ONLY GOD FORGIVES.
Fan accomplie ou cinéphile du dimanche, OGF reste captivant est suscite l’attention. Un style de travail très à part où la fascination pour la violence est omniprésente. Un style qui ne plaira pas à tout le monde. La chef d’œuvre n’est visible que par celui qui le crée. Nico continue à fournir des orgasmes cinématographiques. Allez vous faire foutre. Bien à vous.

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