Avis sur

Oppression

Avatar Mr-Vladdy_Crane
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Avis écrit le 4 décembre 2016.

A la base, même si il me tentait un peu, je n’avais pas spécialement prévu de découvrir « Oppression » au cinéma. Son affiche qui rappelle Brian De Palma faisait envie, j’aime bien Naomi Watts mais la bande annonce du film ne m’a pas inspiré plus que ça. Pourtant, ayant un peu de temps à perdre et les horaires collant bien à ma journée, je me suis quand même décidé à laisser sa chance au film en espérant être surpris.

Malheureusement pour moi, ce ne fut pas le cas. Autant le dire tout de suite, je me suis profondément ennuyé devant ce scénario écrit par Christina Hodson. Dès le début, j’ai senti que j’allais avoir du mal à accrocher mais je gardais espoir que cela change, que le film bouge enfin un peu mais ce moment n’est jamais arrivé.

Pire que tout, j’ai trouvé que dans son genre, le film est extrêmement prévisible. Il joue beaucoup sur son ambiance mais il n’a jamais su me prendre avec lui tant j’avais l’impression d’avoir déjà vu des centaines de fois ce genre de thriller qui joue avec l’épouvante sans jamais la montrer. Après, pour être honnête, je ne m’attendais pas à son final (que je ne révélerais pas ici). Mais c’est tellement gros que j’ai trouvé ça plus risible qu’autre-chose et que cela a encore plus accentué mon ennui…

Il y a néanmoins quelques bonnes idées. Le rôle d’une mère adoptive, la place que cette dernière peut occuper avec son fils surtout lorsqu’elle est thérapeute, la difficulté de s’occuper d’un enfant handicapé et ce sentiment d’abandon que l’on peut avoir, cette envie de baisser les bras… Dans sa thématique, il y a des éléments que je trouve vraiment appréciable mais qui n’ont jamais suffisamment été bien exploité pour que je m’accroche au récit ou que cela génère en moi une once d’émotion. J’ai trouvé ça aussi froid que les conversations Skype que Naomi Watts peut avoir avec Oliver Platt.

Puisque j’évoque le casting, je veux bien reconnaître que la distribution n’est pas honteuse. Ce n’est pas exceptionnel mais Naomi Watts (Mary Portman) reste agréable surtout qu’elle débarrasse son personnage de pas mal d’artifices. Elle en fait un peu trop parfois, le scénario aurait gagné à donner un peu plus de nuances à son personnage mais la comédienne assure malgré tout.

Charlie Heaton (Stephen Portman) qui a tourné ce film bien avant la folie « Stranger things » est lui aussi pas mal du tout. Très prometteur pour la suite de sa carrière, je trouve qu’il joue bien son handicap et que j’ai eu envie d’y croire. L’évolution de son jeu dans la dernière partie du film montre aussi de bonnes choses, plus classique mais efficace et c’est du coup encore une fois dommage que le scénario gâche cela.

Concernant le jeune Jacob Tremblay (Tom), je trouve qu’il fait ce qu’il a à faire. D’ailleurs, j’aurais bien aimé en voir plus avec lui-même si là encore, dans l’ambiguïté de son rôle, je trouve que son exploitation s’avère très vite désastreuse. Le scénario en fait un personnage fort mais ne semble jamais vouloir l’utiliser à sa juste valeur c’est dommage.

Si le reste de la distribution est un peu plus en retrait malgré des apparitions simple mais plaisante de David Cubitt (Doug) et Clémentine Poidatz (Lucy), il y a une énorme frustration concernant Oliver Platt (Le Docteur Wilson). L’acteur fait vraiment le strict minimum et le scénario n’arrive pas non plus à l’utiliser. Sa présence arrive toujours comme un cheveu dans la soupe à mes yeux au point qu’on pourrait presque faire avancer l’intrigue sans lui.

Pour son second long métrage (après « Hammer of the gods » qui ne me tente absolument pas), Farren Blackburn n’a pas réussi à m’embarquer avec lui. Si l’affiche de son film était prometteuse, il n’a jamais vraiment su retranscrire à l’écran l’ambiance que je pouvais attendre de lui. Certes, c’est bien filmé mais ça s’arrête là.

On a une succession de plans très classique qui font que le film se fond encore un peu plus dans le moule et devient vite oubliable. Après, il y a quand même une bonne exploitation des décors. On peut comprendre dans ce milieu l’oppression que l’héroïne peut avoir c’est juste qu’en tant que spectateur, je ne l’ai pas ressenti.

Le travail sur la photographie aussi est sympa, cela rend le film regardable à défaut de le rendre passionnant. On aurait quand même pu aller plus loin je pense avec ce sujet. Il n’y a qu’à voir l’exploitation de la fameuse tempête que l’on ne cesse de nous annoncer et qui au final, est quasiment inexistante à l’écran. Quant à la musique composée par Nathaniel Méchaly, je l’ai trouvé un tantinet trop lourde ne masquant pas le manque d’ambition dans l’atmosphère de ce long métrage.

Pour résumer, je n’attendais pas spécialement d’ « Oppression » qu’il soit un grand film. J’en attendais surtout un simple divertissement efficace. Malheureusement pour moi, j’ai surtout ressenti de l’ennui et plus je repense à ce film, plus je reste sur ma faim. Sans être exceptionnel, le casting fait pourtant le job et la mise en scène est regardable à défaut d’avoir une véritable âme. Malheureusement, tout est gâché par un scénario que je trouve vraiment mauvais. Dans le meilleur des cas, il ne fait preuve d’aucunes originalités et n’exploite jamais son concept ce qui le rend assez quelconque. Dans le pire des cas, à l’image de son final, il est juste ridicule et me fait totalement sortir du film. Bref, je ne suis pas sûr de vouloir le revoir…

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