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Dans les années 70, le western s'est fait rare sur les écrans hollywoodiens, les Italiens avaient démystifié le genre, il avait été mis à toutes les sauces par d'autres pays, et la télévision américaine avec certaines séries l'avait tout simplement enterré, les gens ne voulaient plus voir ni Indiens, ni cowboys, ni diligences, ni chariots de pionniers, ni desperados. Clint Eastwood est un entêté, nourri au biberon du western, il fit renaître le genre si cher à son coeur avec ce Pale Rider (surnommé en France le Cavalier solitaire) en 1985, alors qu'au début des années 80, plus aucun western n'était à l'horizon à Hollywood, et l'industrie du cinéma parla "d'enterrement de première classe du western". On devrait dire plutôt "renaissance" du western, timide certes mais bien réelle, et d'ailleurs le culot de Clint sera immédiatement suivi par Silverado de Lawrence Kasdan, puis d'autres westerns comme Tombstone de G.Pan Cosmatos, Wyatt Earp encore de Kasdan, Mort ou vif de Sam Raimi, Geronimo de Walter Hill, Danse avec les loups de Costner, ou encore Belles de l'Ouest et Maverick... jusqu'à ce que l'ami Clint revienne encore en 1992 avec son Impitoyable. Moi j'étais content parce que mon genre fétiche retrouvait la cote du public.
Pale Rider a quelque chose d'envoûtant dans le ton et dans le rythme, c'est un drôle de film que j'apprécie mais qui pour moi n'est pas parmi mes préférés de Clint, il y a quelque chose dans l'action, les moments creux, les vides, les plages de repos, les moments de silence qui relèvent de la contemplation et de la méditation, et qui ne fonctionnent pas sur moi, j'arrive pas trop à définir ce que c'est en fait, mais l'ambiance me trouble. Abandonnant provisoirement la violence urbaine, Clint revenait au genre qui avait fait sa célébrité en l'assaisonnant d'une dose sergioleonienne tout en renouant avec les thèmes classiques du western à l'ancienne.
Comme chez Leone, le héros est un inconnu sans nom, qu'on appelle "preacher" parce qu'il a l'apparence d'un prédicateur, on ne sait pas d'où il sort. Le réalisateur renonce au rythme propre au western d'antan pour reprendre celui plus lent et plus distancié du maître italien, et traite de problèmes plus réalistes, de l'écologie et de comment de gros propriétaires peuvent absorber de petits prospecteurs miniers, en plaçant au centre de ce conflit son pâle cavalier comme arbitre parce qu'il sait faire parler la poudre. Mais il y a aussi un vieux compte à régler avec le sheriff. Ce qui est intéressant, c'est que Clint montre 2 facettes de son personnage : celle humaine du prédicateur pacifique, et l'autre visage qui est presque surnaturel, du pistolero au regard froid, tel un ange purificateur et vengeur. Cette dimension insufflée au personnage fait basculer le film vers les portes du fantastique, c'est ce qui m'a toujours troublé en le voyant et revoyant ; autant sur L'Homme des hautes plaines, ça ne me dérangeait pas parce que tout le film était basé sur cette idée, autant ici, ça passe moyen.
Ces réserves faites, Pale Rider reste une formidable aventure exaltant des vertus humaines telles que le courage, l'honnêteté et la dignité, étant en cela un héritier direct des grands westerns de l'âge d'or hollywoodien. Clint domine de belle façon un casting homogène d'acteurs peu connus, outre Richard Kiel, le Jaws des James Bond, et John Russell, petit clin d'oeil aux vieux fans des westerns d'antan comme moi, car il fut un des meilleurs bad guys dans les années 50. Un western d'atmosphère, étrange et mystérieux.

Ugly
7
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