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Palo Alto par Julie_La_Roque

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Dans la famille Coppola, je demande la nièce. Gia Coppola, qui a tout récemment fait ses premiers pas au cinéma avec son film Palo Alto, ouvertement inspiré des nouvelles de James Franco.

Palo Alto nous dresse donc le portrait d’une poignée d’adolescents issue d’une banlieue chic californienne, et faisant face à un quotidien parfois complexe, sinon ennuyeux, entre les désillusions amoureuses et les échecs scolaires, entre autre. Malgré une bande annonce plutôt grisante et des résumés souvent élogieux, le film souffre à la fois, et très paradoxalement, d’un manque de légèreté et de consistance.

J’entends par manque de légèreté cette impression de contrôle absolu émanant de l’oeuvre finale. Le jeu des acteurs semble être dicté au millimètre près, ce qui a pour effet de le rendre trop lourd et maniéré, parfois surjoué - mais aussi la mise en scène qui, hyperstylisée, confine parfois à l’image publicitaire. On imagine qu’aucune place ne fut laissée à l’improvisation.

La mise en scène de Palo Alto semble entièrement dissocier la forme du fond. La réalisatrice privilégie quasi-systématiquement la beauté esthétique des plans, au détriment d’une cohérence entre l’image et le scénario. Mais c’est habituellement de cette cohérence que nait la poésie d’un récit, qui malheureusement est absente ici. Alors oui, l’image est belle, mais finit petit à petit par lasser et perdre de son intérêt, tant elle en est dépourvue de sens.

Il y a donc un aspect très quadrillé, trop lisse dans le travail de la mise en scène du film, qui dérange. Et malheureusement le scénario semble souffrir de ces mêmes symptômes.

Malgré quelques bonnes intentions scénaristiques (la relation entre April et son professeur - avec une référence au merveilleux Fish Tank, via la scène du canapé), le film laisse perplexe et ne parvient pas réellement à nous émouvoir, sans doute parce que la réalisatrice fit le choix délicat d’aborder l’adolescence dans toute son entièreté. Et de cette multitude de thématiques abordées résulte une impression de travail «bâclé», voire superficiel. Malheureusement, de ces portraits de la jeunesse en perdition, Gia nous en dévoilera finalement des esquisses que trop peu approfondies.

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