Mars, et ça repart !

Avis sur Planète rouge

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Sur le papier, Planète rouge s'annonce comme une énième série B science-fictionnelle à tendance catastrophe quelque part entre Mission to Mars et Ghosts of Mars. Pourquoi pas !

Pour une fois, malgré l'aspect catastrophe du film, il n'y a pas de longue exposition des personnages, passage généralement obligatoire dans ce genre de production. En général, je crache sur le procédé mais là, les personnages sont plutôt plats et ressemblants, pas forcément relevés par un casting B-List. En plus, Val Kilmer peroxydé, tout juste sorti d'une séance d'UV, j'appelle ça un tue l'amour. Bref, on se désintéresse vite du sort des personnages. Inutile de vous dire que, d'emblée, l'intensité dramatique en pâtit quelque peu.

En plus, pour des scientifiques, ils sont super limités intellectuellement. Je me demande pourquoi la NASA a décidé d'envoyer des idiots pareils en mission - mission qui, par ailleurs, aurait pu être résolue sans envoyer personne mais passons.

Le film est plutôt décérébré mais, paradoxalement, souffre d'une absence incompréhensible de testostérone (Carie-Anne Moss, chef de la première mission humaine vers Mars, laissez-moi rire !).

Les péripéties sont d'un réalisme douteux et manquent cruellement d'imagination : une I.A. cinglée qui tombe comme un cheveu sur la soupe, quelques bestioles pas suffisamment sadiques (le mauvais esprit, c'est important dans une série B) plus les grands classiques du film martien (oxygène, eau, nourriture, amarsissage, départ, etc.)... Pas de choix cornéliens à l'horizon, les personnages réagissent au plus simple. Jamais la NASA ne s'offusquera des décisions absurdes de son équipage.

Ça, c'était pour le fond. Passons à la forme.

Quand on filme Mars, on a un défi : comment ne pas faire une photographie banale simplement rehaussée d'un filtre rouge ? Planète rouge (sic) ne répond pas à la question et propose un rendu visuel sur la planète assez bateau et vilain. Les effets spéciaux sont très nombreux, mais très très inégaux voire franchement kitschs. Les musiques sont atroces et désamorcent la plupart des scènes d'action. En résumé, sur le plan esthétique, Planète rouge échoue à peu près partout où Sunshine de Danny Boyle réussit.

La voix off finale de Carie-Anne Moss est un petit condensé de ces erreurs accumulées dans un film qui, sans jamais avoir choisi ni vrai héros ni ton, hérite du symptôme "vite avalé, vite oublié".

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