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Premier contact par Christine Deschamps

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Ça n'est pas qu'il s'agisse là du meilleur film de science-fiction au monde, parce qu'il souffre d'une certaine apathie et d'un démarrage plutôt poussif, comme s'il avait été frappé du syndrome Tree of life, si vous voyez ce que je veux dire. Mais, malgré tout, ce voyage à peine trop contemplatif vaut d'être fait, ne serait-ce que parce qu'il aborde un thème éminemment galvaudé, celui de l'arrivée de vaisseaux extra-terrestres dans notre atmosphère, d'un point de vue relativement inédit : celui de la linguistique. De la communication, en somme, même si Rencontre du 3ème type n'éludait pas la question. Et que, à l'inverse d'un Independence Day misant sur le militaire à fond, ici, les uniformes sont clairement montrés comme des déguisements à peine crédibles, du point de vue de chercheurs et de scientifiques un tantinet plus chevronnés que bien des officiers supérieurs en matière d'usage de leur encéphale. Il ne faut donc pas s'attendre à une confrontation pétaradante dont notre fragile espère ressortirait miraculeusement gagnante, au prix de lourds sacrifices et grâce au triomphe d'une pugnacité digne de celle du virus de la grippe. Au contraire, ici, la rencontre de l'autre se fait lentement, au prix d'une longue réflexion et d'une véritable envie d'établir des passerelles avec l'inconnu. Se mêle à ça une méditation sur le temps tout à fait bienvenue dans notre société linéaire et binaire qui n'a pas su s'enrichir de la conception cyclique du temps des populations que nous avons joyeusement colonisées. Au final, cette réflexion sur notre (in)capacité à accueillir ce qui ne nous ressemble pas et notre propension à lui attribuer les mêmes défauts que ceux, nombreux, qui nous accablent, me plonge surtout dans des abîmes de perplexité : en fait, ce qui manque aux animaux de notre planète, c'est la capacité à concevoir des véhicules, parce que, s'ils arrivaient dans notre environnement en vaisseau élégamment profilé, on se saignerait aux 4 veines pour tenter de les comprendre au lieu de se contenter de les bouffer... A ce sujet, en définitive, cette histoire pourrait se prolonger par une lecture du cycle d'Ender, d'Orson Scott Card, qui essore à fond cette thématique de la communication inter-espèces. Pour ceux qui auraient besoin de sentir chez nous, espèces d'humains, un frémissement d'envie de sortir de notre ethnocentrisme délétère et qui tendraient à penser qu'on ferait bien d'aplanir un peu nos différences, de temps à autre, au lieu de les brandir en étendards pour pouvoir se taper dessus en toute bonne conscience. Quand je vous disais que ce film avait quelques mérites...

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