PREMIÈRE ANNÉE

Avis sur Première année

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Ce dont je veux me souvenir :
- C'est un peu étrange car j'ai vraiment aimé ce film alors que si j'y réfléchis je trouve que pleins de trucs ne fonctionnent pas vraiment. Je crois que c'est du à l'immense qualité (la beauté, même) des acteurs, le fait que la plupart des scènes "marchent" bien, et peut-être la thématique (l'amitié traitée comme une histoire d'amour).

  • Au rang des "trucs qui ne fonctionnent pas vraiment", il y a ce retournement au milieu du film. Antoine, alors qu'il tente le concours pour la 3eme fois, est 238eme en milieu d'année alors que son copain Benjamin qui est en première année et avec qui il a révisé est 132eme.
    C'est LA raison de sa vexation, et l'unique.
    Ça marche d'un point de vue théorique (c'est vrai, c'est tellement injuste !), mais ça ne suffit pas pour faire basculer Antoine à ce point dans une détestation durable de Benjamin, puis le craquage total. Je crois que ça aurait du être l'amorçage de quelque chose, et non le point final.
    Ensuite, il y a donc 7 ou 8 scènes qui vont montrer Antoine en train de sombrer.
    C'est trop, c'est répétitif et pas gradué.
    Puis finalement revenir in extremis en force (on sait pas trop comment), et convaincre Benjamin de se remettre à réviser avec lui malgré ses 3 semaines de retard (le refus au départ de Benjamin est sublime, et très juste... puis il s'assoit et finalement se relève illico et accepte - dans une ellipse - ce qui est un peu décevant car on n'a pas accès à son déclic).

Bref, toute cette idée d'injustice sociale est magnifique, et les dialogues en appellent à quelques "Bourdieuseries" (honhon) pour dire que l'un, issu d'un certain milieu social, "a les codes" et pas l'autre.
Mais ça ne tient pas totalement. Ou alors on n'a pas accès à l'idée.
Notamment car on nous parle d'un "QCM", qu'il faut "bachoter". C'est difficile de croire que des prérequis sociaux donnent une supériorité, une aisance supérieure à certains. Puisque dans un bête QCM, n'entrent en jeu - à priori - aucun critère étant lié à la naissance, le milieu socio culturel, ou autres...
Ici, ces critères ne créent pas les enjeux dramatiques.
Alors certes, il y a le fait qu'Antoine est banlieusard et qu'il doit faire beaucoup de trajet chaque jour, mais c'est rapidement désamorcé par le fait que Benjeamin l'invite à partager sa piaule à côté de la fac (jolie chose qui passe en douceur, au passage, le côté crypto gay vraiment chouette, avec ces deux gars qui passent leur temps à parler d'annales et dorment côte à côte).
Bref, je crois que cette question de déterminisme social est passionnante à développer dans un tel film (sans doute encore plus que celle de la vocation, qui est aussi à l'oeuvre ici) mais reste un peu théorique dans le film.
Je rêve de la voir mieux incarnée dans un prochain film.

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