Le cynisme incarné

Avis sur Serial Mother

Avatar Moizi
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De John Waters je n'avais vu que Cry Baby il y a plus de dix ans et franchement c'est avec un plaisir certain que je redécouvre ce réalisateur avec Serial Mom. Ce film est tellement cynique qu'il en est jubilatoire. On commence avec une sorte de famille américaine parfaite tout droit tirée d'une publicité des années 50-60 (bien que le film se passe à l'époque où il a été tourné), avec la mère au foyer qui refuse que ses enfants disent des gros mots, qui fait tout à la maison, une vraie fée du logis. Et puis soudain la pub s'arrête, la femme totalement niaise que l'on a vu imiter comme une demeurée un piaf se met à gueuler des insanités au téléphone.
Et franchement voir Kathleen Turner passer de la niaiserie absolue au mal incarné en une demi seconde, c'est juste excellent. Elle arrive à avoir ce regard vide et figé des modèles pour les affiches publicitaires avant de, tout à coup, faire éclater son sadisme. Bref, elle porte clairement le film.
Mais le cynisme du film ne s'arrête pas juste à cette parodie de pub qui se révèle en fait être super malsaine. Il pose un regard pour le moins caustique sur cette banlieue pavillonnaire américaine, sur ses mœurs, sa morale de façade, mais aussi sur les pratiques commerciales où tout est bon, même les pires atrocités, pour vendre quelque chose et se faire du fric. John Waters va même jusqu'à prétendre au début du film que c'est une histoire vraie au début du film avec un texte pour le moins délirant, voire se moquant du spectateur, qui gobe tout un peu facilement,en lui envoyant des trucs totalement absurde à la face.
Le souci du film serait que les péripéties sont quand même vachement convenues, mais le personnage de la mère, le ton du film et surtout la fin rattrapent clairement le tout.

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