L’identité absolue !

Avis sur Seven Sisters

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Connu pour ses deux « Dead Snow » et son « Hansel & Gretel : Witch Hunters » décalés, dans le genre de la comédie gore, Tommy Wirkola change de registre et propose une science-fiction tout aussi nuancée. L’esthétisme est placé dans la prestation des acteurs, notamment l’héroïne, en quête identitaire. Bien que l’on replace assez grossièrement de contexte de la surpopulation, on y trouve tout de même une profondeur habilement dissimulée.

Les déviances scientifiques en matière de nutrition seront toujours d’actualité et l’intrigue base sa thématique sur les ressources qui disparaissent peu à peu. Afin d’y remédier, la loi reprend logiquement la démarche que la Chine instaurait déjà en 2013, à savoir la possession d’une enfant unique. Il en va de la sauvegarde de l’espace de vie, des conditions de vie et de santé pour ces enfants qui ne pourront avoir de frères ou de sœurs. Si l’on se projette suffisamment loin, cette vérité alerte de nombreux dirigeants et visionnaire à proposer son soutien au nom de l’humanité. Hélas, la fiction prend souvent le dessus afin d’enjoliver un récit proposant davantage de spectacle que de solution pour l’avenir. Avec un budget réduit, le monde futuriste semble limité à quelques détails que le gouvernement possède, au détriment du peuple en quête permanente de suffisance. Cette barrière technologique induit avec pertinence qu’aujourd’hui nous tardons et trainons afin de proposer des gadgets fiables et surtout durables. Seuls les plus riches en ont l’usage, par simple « gourmandise ». Ce fossé économique et social reste alors inchangé, où la surpopulation de la classe moyenne et inférieure voit son handicap se dessiner d’année en année.

Nicolette Cayman (Glenn Close) incarne ainsi la figure maitrise, dirigeant ce monde vers sa perte en jouant avec les valeurs éthiques, dont la science repousse les limites. Cherchant à poser le pour et le contre, le récit se montre confus et on rejette inconsciemment cette lecture trop bancale pour y croire. Et il suffira que les clichés apparaissent rapidement pour nous perdre dans un amas d’affrontements musclés, qui ne sont présents que pour rythmer l’intrigue ou appuyer du soutien émotionnel. Force ou faiblesse ? Rien n’est acquis dès l’instant où la famille entre en jeu et propose un enjeu discutable, sans forcément entrer dans le caractère politique de la surpopulation.

Sept sœurs jumelles pour chaque jour de la semaine, avec comme référence le nom des jours, correspondant à leur sortie respective dans la vie active. Empruntant la même identité, elles deviennent Karen Settman, où Noomi Rapace campe différents caractères. Seule cette huitième identité, celle de Karen est une chose commune aux filles, dont le grand-père Terrence Settman (Willem Dafoe) affectionne et espère une longue vie baignée dans le secret. Chacune se persuade d’exister à sa manière, tant bien sur la scène professionnelle où l’identité reste commune, que sur la scène privée et sentimentale. Chacune revendique son indépendance qui leur permet d’exister sur ces deux fronts, sources de tension. Ce que le film manque d’exécuter, c’est l’introduction de ces filles. Certaines personnalités sont identifiables plus que d’autres, où l’on se prête à cet exercice épuisant afin de reconnaitre qui est qui. On perd l’attache à ces victimes du système. Le peu qu’on en tire se dissipe dans le fond, presque vide et étouffé par de l’action à outrance par moment. Si l’actrice marque le coup pour son charisme spécifique, nous passons à côté d’un scénario peu envoutante arrivé à mi-parcours…

« Seven Sisters » démontre que l’explosion démographique vers laquelle nous nous dirigeons peut développer de nouvelles ressources. Or, la réalité fait que cela reste limité par les moyens technologiques demandant encore à être explorés et optimisés afin de servir une cause viable. Après Okja, Netflix semble s’attacher à des discours penchés sur la critique de la condition humaine dans un monde qui nous dépassera rapidement. En passant par les idées d’Aldous Huxley, entre autres, ce pilier cet univers dystopique aurait pu suggérer une étude approfondie de la chose. Au lieu de cela, on essaye de nous faire regarder à droite et à gauche en même temps et cette hésitation trahit la bonne intention derrière.

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