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Un film qui a du piquant

Avis sur Splinter

Avatar cherycok
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Pause déjeuner, j’avale mon repas en deux temps / trois mouvements, je remonte dans mon bureau. Je regarde l’heure, 12h05, il me reste 1h25 avant de reprendre et il me faudrait donc dans l’absolu un film de moins de 1h20. Check des durées, mes yeux s’arrêtent sur les 1h19 d’un film titré « Splinter » dont j’ignore absolument tout si ce n’est qu’il est rangé dans la catégorie « Horreur ». Je lance sans savoir dans quoi je m’aventure, et 1h19 plus tard, le verdict tombe : c’était vraiment un très bon moment !

Alors Splinter, c’est quoi ? Il s’agit d’une petite production horrifique américaine de 2008 tourné avec peu de budget et qui a pas mal bourlinguée dans de nombreux festivals, remportant même au passage quelques prix, et c’est réalisé par Toby Wilkins qui a pondu depuis The Grudge 3 et des épisodes de série.
Ca commence assez mal avec le gros cliché du jeune couple d’amoureux qui part faire du camping à la belle étoile. Mais pourtant assez rapidement, le ton va changer et le film se transforme en une sorte de huis-clos à l’intérieur de la boutique d’une station service avec un monstre qui va instaurer une vraie tension qui ne va pas quitter le film de tout le long de par le mystère complet dont il fait preuve. On ne connait absolument rien de lui, on ne sait pas d’où il vient (vague histoire de pétrole…), ce qu’il veut, comment il opère, ses réactions,… Cette tension va nous garder les yeux rivés sur notre écran durant 1h19 sans quasiment aucun temps mort.
Ce monstre est l’attraction principale du film, un « assemblage » immonde de morceaux de corps qu’il a précédemment déchiquetés, sorte de marionnette complètement désarticulée agrémentée tel un porc-épic de piques ultra pointues lui permettant de contaminer les êtres vivants qu’il pourrait blesser. Il est à l’origine de pas mal de petits effets gores bien rigolos pour qui aime le genre, dont une amputation du bras au cutter bien dégueux, mais aussi de scènes de désarticulation qui font froid dans le dos.

Par contre, le gros problème de Splinter, c’est que la plus part des scènes d’action faisant intervenir le monstre en question sont tout bonnement illisibles, avec une caméra qui bouge beaucoup (shaky-cam oblige) et qui finit par faire mal aux yeux et rendre d’ensemble très brouillon. C’est fort dommage car en terme de mise en scène, le reste était un quasi sans faute avec notamment une photographie superbe, des effets spéciaux qui tiennent méchamment la route, et une bande son discrète mais efficace.
C’est d’autant plus dommage que les personnages, si clichés au début, deviennent plus intéressants qu’ils n’y paraissent lorsqu’on constate leur évolution, leur manière de procéder bien plus intelligente que ce qu’on a l’habitude de voir dans le cinéma d’horreur habituel, et on s’attache à eux très rapidement d’autant que les acteurs sont réellement convaincants. Bien entendu, on pourra toujours leur reprocher ci et là quelques petites choses, comme l’ex-taulard qui vient de se faire amputer le bras à l’artisanale avec un cutter mais il ne voit pas de problème le mec, même pas mal, la forme.

Avec ses références évidentes à The Thing de Carpenter ou Evil Dead 2 de Raimi, Splinter est une authentique petite série B qui ne cherche jamais à être autre chose. Même si on aurait pu espérer une fin un peu plus noire, on reste dans de l’efficace d’un bout à l’autre, et on passe un très bon moment.

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