Ton destin, tu embrasseras

Avis sur Star Wars : Épisode III - La Revanche des Sith

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Episode III
LA REVANCHE DES SITH

C'est la guerre ! La République
croule sous les attaques de
l'impitoyable Sith, le Comte
Dooku. Il y a des héros dans
les deux camps. Le mal est
partout.

Avec une audace stupéfiante,
le Général Grievous, diabolique
chef droïde, est entré dans
la capitale pour enlever le
Chancelier Palpatine, chef
Suprême du Sénat Galactique

Alors que l'Armée Séparatiste
Droïde tente de quitter la
capitale assiégée avec son
précieux otage, deux Chevaliers
Jedi mènent une mission
désespérée pour secourir le
Chancelier captif...

Bien que seulement trois années ont passé dans la Galaxie, l'insurrection menée par le seigneur Sith, le Comte Dooku, est en passe de renverser la République Galactique, dont le Sénat, impuissant devant l'ampleur de la tâche qui s'annonce, se voit contraint d'octroyer malgré-lui toujours plus de pouvoir à son bourreau, et d'écraser l'Ordre Jedi, enlisé dans la perturbation de la Force, et sous la menace d'une attaque de l'intérieur. Le côté Obscur, plus grand et plus puissant que jamais, n'attend désormais qu'une étincelle pour enflammer la Galaxie et la plonger toute entière dans le chaos de l'autocratie et de la tyranie. Anakin, de son côté, a continué de grandir, et à mesure que se renforçait sa maîtrise de la Force, murissait en lui les raisins de sa colère, les fruits pourris du côté Obscur. Démocratie et Ordre Jedi, deux espèces complémentaires vivant en symbiose avec l'univers, deux espèces fragiles en voie de disparition, deux espèces vouées à s'éteindre si tôt le poids du destin lâché sur leurs épaules.

Jusqu'ici, chaque film de la prélogie s'était démarqué par un ton, une structure narrative et une thématique qui lui étaient propre, dans un fond néanmoins balisé, et présentait de troublante similitude avec son homologue de la trilogie originale : La Menace Fantôme voyait ainsi son jeune héros s'émanciper de sa planète désertique (Tatooine), entrer dans la lutte et détruire la base de l'oppresseur à l'issue d'une joute spatiale pourtant promise à l'ennemie, et son maître Jedi tombé sous les coups d'un diabolique seigneur Sith alors que L'Attaque des Clones observait son héros s'abandonner à la Force et perdre son bras droit au terme d'un affrontement là encore déséquilibré. Si ce troisième et dernier épisode de la prélogie ne déroge pas à la règle de l'auto-suffisance, il se distingue en revanche de ses deux prédécesseurs par sa totale indépendance vis-a-vis de la première trilogie, en l'occurrence Le Retour du Jedi. Ayant pour haute responsabilité de réunir dans un tout harmonieux les six films de la saga et d'expliquer l'essor du Mal dans l'univers et la chute d'Anakin dans son gouffre, la Revanche des Sith ne pouvait être qu'une Chimère amorphe tentant de raccorder les deux trilogies à bout de bras, coûte que coûte, ou qu'une Charybde avalant les références pour se créer une identité propre et cohérente. Heureusement, c'est de cette dernière hypothèse que le film relève : si le premier chapitre faisait office de contes et légendes d'un ancien temps, et le second d'échiquier galactique sur lequel s'ébattaient les forces du Jour et de la Nuit, ce troisième volet prend lui des airs de requiem à la mémoire d'une époque révolue, de nénie à une République dévoyée depuis déjà des années, de procession funéraire à la mémoire d'un jedi autrefois prometteur mais rattrapé par ses démons et tombé dans les turpitudes du côté Obscur.

Ce qui fait le souffle de la prélogie et rend l'attente puis la redécouverte de chaque épisode insupportable, tient dans le paradoxe et la perversité de ce subterfuge propre à l'art en général, et au cinéma en particulier, et dont tous les grands mythes se sont inspirés, qui veut que l'on place inlassablement de l'espoir là où on le sait pourtant interdit. C'est ainsi que l'on continu d'espérer, plus d'un siècle après son naufrage, que le Titanic vire suffisamment tôt pour éviter l'iceberg qui barre sa trajectoire, ou que l'on s'évertue à croire, des décennies après la sortie de la trilogie originale, dans le jugement d'Anakin au moment où s'arme le bras de Mace Windu, et s'abat sur le chancelier Palpatine alias Dark Sidious, la justice de l'Ordre Jedi. Plus que son arrachement à sa mère, que sa tuerie vengeresse dans le village tuskens, que son massacre gratuit et inhumain des apprentis dans le temple Jedi ou que sa défaite contre son ancien ami, frère et père Obi-Wan, cette scène dans les bureaux du Chancelier Suprême est le premier tournant de la saga et le climax de la prélogie (le climax de la trilogie initiale et le second tournant de la saga étant son d'entre les ténèbres dans le bien nommé Retour du Jedi). C'est dans cet affrontement presque absolu entre le Bien et le Mal, le côté Lumineux et le côté Obscur, qu'Anakin choisit enfin son camp et s'éteint, entièrement absorbé par Dark Vador. Comme dans L'Attaque des Clones, Hayden Christensen apporte énormément à la force et à la fragilité de son personnage. L'intensité dans l'hésitation qui traverse son regard au moment où le côté Obscur, défait par ses propres pouvoirs, est train de mourir, renseigne sur celle qui l'illuminera à nouveau, derrière l'impassibilité du masque de Vador, au moment où, dans une situation complètement inversée, le côté Obscur sera en passe d'écraser l'unique héritier de l'Ordre Jedi, sous la puissance illimitée de ses éclairs dévastateurs.

C'est dans cette balance entre le Bien et le Mal, alors qu'il ne reste qu'un seigneur Sith dans l'épisode III et qu'un chevalier Jedi dans L’Épisode VI, que le destin d'Anakin prendra tout son sens et que la prophétie se réalisera : rétablir l’Équilibre dans la Force. Dans La Revanche des Siths, en prenant le parti du côté Obscur, et dans Le Retour du Jedi celui du côté Clair. Si ces deux pôles de la Force ont toujours été bien caractérisés dans l'univers de Star Wars au sein d'un affrontement en apparence manichéen, la course folle de son noyau brut ne saurait être marquée du sceau de l'un des deux, mais fut au contraire un éternel mystère d'imprévisibilité dans sa soumission à un désordre et un chaos dont seul l'intéressé aurait pu saisir les inclinaisons et les déclivités si seulement il s'était montré plus à son écoute. Car la Force, ni plus ni moins que toute matière de l'univers, recherche la stabilité et l'équilibre. Non pas cet équilibre définitif et irréversible, qui verrait d'après la deuxième loi de la thermodynamique son entropie globale, et donc son désordre, croître indéfiniment jusqu'à son propre anéantissement, mais celui relatif et réversible qui verrait la Force choisir successivement un camp puis l'autre et ainsi son désordre s'annuler de lui-même. Dans cette correspondance entre macrocosme et microcosme, Anakin serait donc cet électron de valence, sautant d'une orbitale à une autre pour créer des liaisons, tantôt avec le côté Obscur, tantôt avec le côté Lumineux.

C'est maintenant entendu, le malheur d'Anakin résulte d'une fausse lecture de l'univers et d'une confusion entre les ta ouk éph'hèmin (ces « choses qui ne dépendent pas de nous ») et les ta éph'hèmin (qui « dépendent de nous ») ayant eu pour conséquence d'aliéner son présent de la Force, son jugement, à la passion et ainsi d'introduire le doute dans son cœur. Mais au-delà de cette fatale erreur de jugement, deux autres mécanismes peuvent expliquer son abandon progressif au Côté Obscur, l'un d'eux, la colère, venant même directement se greffer à la thèse Stoïcienne sus-exposé. Le premier mécanisme, qu'on pourrait appeler « la malédiction de Macbeth » ou encore « le mal écossais », prend ses racines, comme la pièce de Shakespeare, dans l'annonce faite à un homme de son destin grandiose au retour d'une guerre victorieuse. En l'occurrence c'est dans La Menace Fantôme que remonterait le mal, à cet instant fatidique où Qui-Gonn Jinn annonça aux sages du Conseil Jedi la découverte de l'Elu et sa volonté de le former. Tout cela aurait pu demeuré dans le secret du conseil, et on en serait alors peut-être resté ici, si ladite personne n'avait pas été présente avec eux ce jour-là et n'avait entendu à quel grand dessein ils le destinaient : devenir le plus puissant jedi de la Galaxie et rétablir l'Equilibre dans la Force. C’était donc logiquement qu'on le retrouvait dans L'Attaque des Clones, dix ans après l'évènement en question, bouffi d'orgueil, insolent, imprévisible, et prêt à mettre le monde à ses pieds, et notamment son ordre référant qu'il percevait de plus en plus comme un frein à sa croissance fulgurante et un voile lui masquant les possibilités infinies du côté Obscur. Et si sa Lady Macbeth, Padmé, ne s'était révélée être l'exemple même de l’honnêteté et de la droiture, peut-être que de ses ténèbres, le côté Obscur aurait drapé l'univers plus tôt. Dans La Revanche des Sith, c'est plus enfiévré que jamais qu'Anakin nous apparaît, mais ce n'est plus l'arrogance qui le consume cette fois, mais la peur de la perte et la colère envers l'impuissance du côté Lumineux à éclairer ses zones d'ombres. L'esprit plein de scorpions, songeur quant à la vraie nature du Bien et du Mal et en proie à de nouveaux cauchemars prophétisant la mort de sa femme, c'est donc naturellement qu'il s'éloigne de l'attentisme apparent des Jedi, pour recevoir l'enseignement proscrit de celui qui n'a jamais cessé d'attiser son feu toutes ces années durant et lui a promis d'outrepasser le funeste sort de Padmé. C'est ainsi que d'une simple prophétie, le Mal est entré en lui. Toutefois, il faut bien faire attention à différencier, dans leur attirance respective pour le Mal, l'usurpateur du trône d’Écosse et le nouveau seigneur Sith, le premier y cédant grâce à la profonde dévotion qu'il lui porte, alors que le second n'y cède qu'à cause de la perversion de son attachement au Bien par la passion (l'amour). Derrière ce mal qui ronge Anakin depuis la révélation de son destin dans son enfance et qui n'a eu cesse de croître en intensité au fil des années, se cache en réalité un mal bien plus insidieux, pernicieux et redoutable : les mots. Ce que Nietzsche appelait le danger du langage pour la liberté de l'esprit, ne fut ni plus ni moins que la corde au cou du jeune Anakin, privé en conséquence de sa capacité à bien user des représentations, « l'erreur de l'Être ayant pour elle chaque mot et chaque phrase que nous prononçons ». Ce furent les mots de Qui-Gonn qui allumèrent la première mèche, ce seront ceux du chancelier Palpatine qui mettront définitivement feu aux poudres. Finalement, comme pourrait le dire maître Yoada-Nietzche : « Nous débarasser du côté Obscur, je crains que nous puissions, puisque dans la grammaire encore nous croyons ».

Le deuxième mécanisme pouvant expliquer la chute d'Anakin du côté Obscur de la Force, et qui ne s'oppose pas au précédent mais au contraire l'étaye, est sa consumation graduelle dans le brasier de sa colère. La colère, d'après les stoïciens toujours, et donc par extension, les jedi, est un accès de fureur violent et immodéré en réponse à un désir de se venger d'une injustice, cette dernière pouvant bien sûr résulter d'une identification frauduleuse d'une chose étrangère (ta ouk éph'hèmin) comme un bien propre (ta éph'hèmin), auquel cas ce défaut de jugement ferait de cette injustice un simple malentendu. Et c'est évidemment dans cette configuration que se trouve Anakin chaque fois que la colère s'empare de lui. A chaque fois, sauf une en réalité, au moment de la mort de sa femme, qui s'oppose ainsi à celle de sa mère. Si la seconde n'est que le fruit malheureux des circonstances et du hasard, la première, elle, étant la suite directe de son basculement du côté Obscur, ne pourrait être interprétée autrement que comme son entière responsabilité, puisque la conséquence de ses choix propres (chose qui lui appartient plus que tout, quand bien même il serait influencer par autrui). On peut alors dire que la colère consécutive à la perte de Padmé sera la seule colère juste qu'il n'aura jamais de son vivant, avant bien-sûr qu'une nouvelle ne se profile à l'horizon et n'éclate en lui, au seuil de son retour dans la Lumière, au moment de sauver son fils des éclairs dévastateurs du côté Obscur et d'envoyer l'Empereur frapper aux portes de l'Enfer plus tôt qu'il ne l'avait prévu. Pourtant, bien que juste, cette colère, comme toute colère, se doit d'être proscrit, en accord avec le premier domaine de la philosophie du Portique qui visait la suppression des passions, la colère étant classé dans les cupiditas, une des quatre passions cardinales du stoïcisme. Là où l'on l'on rapprocherait les Sith des cyniques dans leur volonté commune de détruire tout attachement émotionnel primitif de l'individu au cosmos (le détachement ultime, c'est à dire vierge de tout repère, donc de toute balance morale), on les rapprocherait des disciples de l'école péripatéticienne dans leur conception de la colère comme d'une passion innée et indépendante de notre volonté (inévitable) que l'âme subit avec passivité, et rendant accessible à l'homme l'accomplissement de hauts faits.

Comme je le disais deux paragraphes plus hauts, ce qui décidera finalement Anakin à rejoindre le côté Obscur et l'enseignement des Sith, sera l'impuissance théorique et pratique de l'Ordre Jedi et du côté Lumineux de la Force à sauver Padmé de la mort. Une impasse spirituelle qui n'est pas sans rappeler celle intellectuelle, temporelle et financière dans laquelle se trouva le célèbre alchimiste allemand Faust au moment où il pactisa avec le diable, la vente de son âme, et qui évoque le célèbre mythe germanique éponyme. Cette ultime, et peut-être plus évidente référence, de ce troisième et dernier volet de la prélogie doit cependant être pondérée par l'enseignement de la philosophie stoïcienne, et notamment de son troisième domaine, qui voudrait que l'homme libre s'étant affranchit de l'impatience et de la précipitation dans l'usage des représentations, il garde intacte sa capacité de jugement en toutes conditions, et ne la cède aux sirènes de la facilité et de la rapidité au simple motif que sa faculté à supprimer les passions l'entourant ne soit pervertie par la plus forte d'entre elle : la colère. Ainsi, on pourrait dire d'Anakin qu'il est un Faust en colère ayant placé comme possession ultime l'amour de sa femme, entre d'autres termes, un héros romantique.

Si le volet politique du film est moins palpable que dans l'épisode précédent, c'est pourtant dans celui-ci que vont se cristalliser la chute de la République Galactique et de l'Ordre Jedi, l'un est l'autre étant intimement lié à travers la personnalité d'Anakin, le bourreau de la Galaxie. Dans Star Wars, tout né de l'opposition entre Jedi et Sith et de la nature même de leur opposition. Si leurs différences philosophiques et théoriques sont désormais entendues (les Sith sont de mauvais Stoïciens lorgnant parfois vers le Cynisme, parfois vers le Péripatétisme), leurs différences formelles et pratiques, mise à part la couleur de leur sabre laser et de leur froc, restent encore un mystère. Qu'est-ce qui donne plus de légitimité aux jedis qu'aux Sith ? Après tout, l'un et l'autre ne seraient-ils pas les deux facettes d'une même pièce, l'une tournée résolument vers un côté de la Force qu'elle a appelé Lumineux, l'autre vers un côté de la Force que ces mêmes personnes ont nommé Obscur ? De quel point de vue faut-il appréhender l'univers pour y voir plus clair entre ses deux pôles ? Existent-ils même vraiment, ou sont-ils les concepts d'une philosophie de comptoir destinée à maintenir le pouvoir dans un seul camp ? A ce propos, en quoi la tentative de coup d'état musclé par les Jedi via maître Windu est-elle plus « moralement » acceptable que celle orchestrée par le seigneur Sith via l'appareil constitutionnel ? L'un n'a-t-il pas joué le jeu de la démocratie et finalement trouvé le défaut dans sa cuirasse, pendant l'autre le menaçait de se rendre à lui ? Les Sith étant d'anciens Jedi tombés dans le côté Obscur, leur connaissance de la Force n'est-elle pas finalement supérieure à celle des Jedi restaient dans le droit chemin ? Autant de questions dont les réponses semblent évidente mais qui se résument généralement par la problématique dichotomie « les Sith sont méchants et les Jedi gentils ». Mais derrière cet état de fait, comment différencier un gentil d'un méchant, quand la simple comparaison de leur comportement ne permet pas d'établir de profil type, ou pire, confondrait les deux dans une seule et même catégorie nuancée ? Heureusement que leur préceptes fondamentaux les différencie. Ainsi, s'il y a bien deux pôles dans l'univers, il existe surtout entre eux une multitude de possibilités envisageables. Mais, dans un univers aussi pieux et spirituel que celui de Star Wars et aussi enclin à diviniser une énergie immanente et transcendante pourtant invisible (quoique mesurable chez les êtres vivants en terme de taux de midi-chloriens), ignorer, ou du moins minimiser le pouvoir d'attraction de ces deux gros aimants serait un contre-sens et une biais dans la compréhension dudit univers. Deux gros aimants donc, le côté Obscur et le côté Lumineux, attirant vers eux chaque individu, chaque partie du cosmos, dans un dégradé de Bien et de Mal où chacun est libre de choisir sa destination : le Yin ou le Yang. L'un et l'autre étant complémentaire, renoncer à l'un reviendrait à pervertir l'autre et donc mépriser la Force dans sa globalité. Et c'est peut-être là où le bât blesse pour la philosophie Jedi qui, prônant le développement de l'un et le rejet pur et simple de l'autre, se prive d'une partie de son Savoir. Cela reviendrait-il alors à dire que la philosophie Sith, qui explore finalement toute les possibilités de la Force, serait à préférer à la dernière ? Et bien non. Car si les jedi ont bien une vision parcellaire de la Force, les Sith l'ont tout autant puisque, étant par définition des jedi dévoyés, voués corps et âme au côté Obscur, ils ont raté leur apprentissage du côté Lumineux : suppression des passions (notamment de la colère), sens du devoir, discipline, obéissance et écoute du cosmos. Finalement, la maîtrise de la Force dans sa totalité apparaît comme impossible puisque l'exploration d'une de ses faces nécessitent l'abandon de tout ce qui trait à l'autre. Les jedi, sachant pertinemment que la conciliation des deux est le privilège des dieux, gardent ainsi leurs membres de s'y risquer, l'ambitieux exercice de synthèse de la Force, aboutissant presque systématiquement à l'expérience de la facilité et de la nouveauté, plus séduisante, c'est à dire à son côté Obscur.

L'Ordre Jedi étant ainsi rétablit dans son bon droit (du moins pour le spectateur), toute action anti-constitutionnelle de sa part pour des motifs de survie de la République ne saurait être taxé d’anticonstitutionnelle alors qu'au contraire, toute action constitutionnelle des serviteurs du côté Obscur en vue de tuer la démocratie ne saurait qu'être marquée du sceau d'infamie. Le tout étant alors d'arriver à repérer les bons sentiments sous les mauvaises actions et au contraire les mauvais sentiments sous les bonnes actions. Malheureusement pour l'Ordre, le côté Obscur ayant affecté jusqu'au plus petit représentant du Sénat Galactique, rendant ainsi sa capacité de discernement, au mieux fortuite, au pire partisane, toute tentative non républicaine d'intenter à la souveraineté du Chancelier Suprême Palpatine ne pourrait qu'à terme se retourner contre lui (ce qui ne manquera pas de sa passer). Cette victoire totale des ténèbres sur la lumière s'exprime à l'écran à l'occasion d'une scène d'anthologie au cœur de l'immense ruche du Sénat, au terme de laquelle, sous les coups répétés de ses gradins, le futur Empereur défait maître Yoda, alors qu'au même moment s'éteint avec Padmé, le reste d'humanité d'Anakin Skywalker pour laisser place à Dark Vador, mirmillon de la tyrannie, seigneur et serviteur du côté Obscur. Et c'est ainsi que l'Ordre se meurt et que la République s'empire.

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