Qu'il soit gentleman ou pilier de comptoir, on interrompt jamais un homme qui boit une Guinness.
Ça ne se fait pas, tout simplement. Manners Maketh Man.
D'ailleurs on ne boit pas une Guinness, on la distille, on la savoure, on s'en délecte.
Tant de douceurs, de voluptés, de ténèbres torréfiés et de condensations suintantes, ça se respecte.
Point.

Va pour un cinquième film et une cinquième adaptation. La troisième d'un comics et la seconde d'une œuvre de Mark Millar, série en cours. Comme toujours depuis Kick-ass, c'est à la jeunesse que Vaughn voue son film, mais cette fois-ci en plus, c'est à la vieille école qu'il rend hommage. A sa mère, à qui le film est dédié, comme aux films d'espionnages des années 80 et 90 qui voyaient systématiquement un richissime sociopathe s'en prendre à la Terre entière et qu'adulent les protagonistes du film. Car autant Kick-Ass et X-Men surfaient sur la vague du sucés libraire des comics et parlaient à la génération geek-manga, autant Kingsman semble anachronique et parler aux vieux cinéphiles paumés dans la salle.

Pour l'amour du gadget, du costume sur-mesure, du flegme de la couronne britannique et du film d'espionnage au scénario digne d'un épisode de Totally Spies, le film mérite le coup d’œil. Mais surtout, c'est pour le panard pris deux heures durant qu'il faut aller voir Kingsman. Qu'il s'agisse de la nonchalance avec laquelle Firth déboîte ses adversaires, de la zozoterie démentielle avec laquelle emcee Jackson matraque nos oreilles ou de la mise en scène toujours enlevée de Vaughn, tout est savamment orchestré pour offrir au public le spectacle qu'il est en droit d'attendre. C'est également l'occasion de voir une nouvelle fois le réalisateur s'amuser avec un casting quatre étoiles (qui comme toujours ne termine pas le film indemne, voire en vie) et une violence qu'il ne montre plus seulement de façon crue mais qu'il déguise d'une forme de poésie carnavalesque inattendue à l'issue d'une scène de décapitation d'ores et déjà dans les annales. Facile par moments, mais tellement jouissif.
blig
7
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Le 18 février 2015

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