Démystifier la légende...

Avis sur Star Wars : Les Derniers Jedi

Avatar Hunter_Arrow
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Avant d'entamer cette critique, j'ai envie de m'égarer dans mes pensées nostalgiques. Pouvant affirmer avoir connu la sortie de 2 trilogies Star Wars sur grand écran, je me gausse et désespère aussi de constater la nature cyclique des événements. On critique l'aspect redite de l'épisode VII, mais force est de constater que le public se répète tout autant. Ainsi je ris de relire certaines remarques dont nous avions déjà eu le droit en 1999 et 2002 à la sortie de l'épisode I et II à coup de "Lucas a Disneyisé sa saga", "c'est du n'importe quoi", "il viole le mythe"... Il est encore plus ironique de constater qu'à la sortie de cette postlogie, finalement on en vient à "réhabiliter" la prélogie (qui reste pourtant cinématographiquement plus discutable) comme on réhabilitait le Retour du Jedi à la sortie de la Menace de Fantôme. Finalement l'histoire n'est qu'un éternel recommencement. Seulement, Internet étant moins présent dans notre quotidien à cette époque, j'ai l'impression que l'hystérie entourant la saga était "moindre". De plus, aujourd'hui le public semble à la peine pour se laisser le temps de "digérer" un film, faire fis de ses attentes, accepter que l'on sorte d'un paradigme établi... Non il faut s'exprimer tout de suite, au détriment de la réflexion. Et c'est là où je suis nostalgique : à une époque où l'on est bombardé d'avis, de critiques sur le dernier Star Wars, il me devient quasi impossible de conserver ce lien "intime" que j'entretenais avec la saga depuis mon enfance. Quand j'étais gosse, Star Wars, c'était ma mantra, l'alpha et l'oméga de ma cinéphilie naissante. Un enfer que je faisais vivre à mes parents en mettant en boucle les VHS de la trilogie originale. A 10/11 ans lorsque l'épisode 1 était sur le point de sortir, je guettais la moindre information à une époque où celle ci ne nous inondais pas autant (internet n'étant pas aussi généralisé qu'aujourd'hui). On avait le droit à des informations très pratico-pratiques et les supputations quant à l'intrigue, les théories, cela n'appartenait qu'à moi. En gros j'ai vécu l'époque bénie où l'on pouvait s'approprier Star Wars, sans être pollué par une pullulation d'avis divers et variés. Maintenant, quand je sors de la séance de "Le Dernier Jedi", ma page d'accueil Youtube est remplies de suggestion avec pseudo critiques de ce nouvel opus, avec bien sur des titres "évocateurs" à coup de "Une déception", "Un viol"... Je sais que c'est la règle quand on va sur des sites "communautaires", que cela fait parti du jeu... mais il est de plus en plus difficile d'entretenir un filtre permettant ainsi à mon ressenti de demeurer vierge des remarques d'autrui.

Bon alors très de diatribe et de complaintes, le moment est venu de dire : mais qu'est ce que ça vaut ce Star Wars VIII ? Et bien il y a à boire et à manger, tout simplement. D'un côté il y a ce qu'il peut y avoir de mieux dans un Star Wars et de l'autre, sans dire le pire, il y a des points clairement bancals qui amoindrissent le plaisir. Et finalement je me rend compte que ce que j'ai préféré ici c'est ce que beaucoup peuvent lui reprocher, à savoir sa relecture de la mythologie que certains prennent pour une insulte. Mais avant de parler de mes points de "kiffage", j'ai envie d'aborder ce qui m'a gonflé.

En premier lieu : le ton. Sans hurler en cœur avec les autres et dire "Mais ils ont marvellisé Star Wars", il y a quand même un problème de ton global avec ce film qui d'un côté nous propose l'intrigue la plus dramatique de la saga et de l'autre... et bien on a une "légèreté" latente, une sorte de prise de distance avec les événements qui passe par l'incursion de gags parfois forcés mais aussi une direction d'acteurs de temps en temps caricaturale. Il y a toujours eu de l'humour dans Star Wars, plus ou moins bien incorporé. Y compris dans l'Empire contre Attaque. Mais c'était le plus souvent un humour lié à la caractérisation des personnages. Ainsi, dans un moment de suspens on pouvait avoir des répliques cyniques et drôles entre un Han Solo et une Léïa qui propose de sortir pour pousser le Faucon quand celui ci refuse de "démarrer" alors qu'ils sont cernés par les forces de l'Empire, ce à quoi répond Solo : "Pourquoi pas". Voilà, ça ça marche. C'est drôle sans altérer l'intensité du moment. Et par moment, dans ce Dernier Jedi, on a ce type d'humour, correspondant au caractère des personnages, à leur dynamique

Comme ce moment où Kylo Ren envoie balader Hux avec la Force... Ca fait rire et c'est cohérent avec les personnages.

Seulement la progression dramaturgique de cet opus aurait dû impliquer un abandon progressif de l'humour. Un peu comme l'épisode VII pouvait le faire après la fameuse scène du pont (plus une seule blague après ce moment). Or là, non on garde des plans sur les Porgs pour faire rire en pleine poursuite, des personnages qui lancent des "Youhou !!!"... Enfin bref cela allège le ton alors que l'on est dans une dynamique pourtant "tragique" et intense avec une Résistance luttant pour sa survie alors qu'elle se fait décimer. Et cela n'est pas aidé par la direction d'acteurs qui parfois pousse les ces derniers à jouer leurs rôles de manière caricaturale et humoristique, forçant le trait avec un abus de gros plans soulignant davantage les mimiques forcées. Cela est particulièrement frappant dès la première scène avec Hux, où le pourtant excellent Domnhall Gleeson, semble jouer un personnage de dessin animé. Il a toujours été un peu caricatural, mais on voit la différence de direction entre un Abrams qui semblait le diriger ainsi :
"Bon maintenant c'est le moment où ton personnage, qui a été élevé dès son plus jeune âge dans la haine totale de la République, va pouvoir prendre sa revanche. Il doit galvaniser ses troupes, attiser leur haine et par la même occasion il va faire exploser la sienne". Et ainsi on obtient ça https://www.youtube.com/watch?v=-HmWDdmTAE8 . Alors c'est caricatural, mais filmé avec premier degré et pour le coup, l'idée est de montrer un fanatisme total et cela ne prête pas à rire. En revanche dans la suite on a un Rian Johnson qui semble diriger son acteur en mode "Bon vas y amplifie à fond tes mimiques, joue le guignol trop sur de lui, ça peut être ridicule et marrant"... Cette prise de distance avec les personnages nuit au ton du film. Star Wars, c'est fun, mais ça doit aussi être pris au sérieux sur certains points en particulier quand il s'agit de la menace principale.

Et parler de la direction d'acteur est une bonne transition pour évoquer plus globalement la réalisation. Si globalement cette dernière est très bonne et possède une personnalité forte; il faut aussi reconnaitre qu'elle est beaucoup plus inégale que celle d'Abrams pour l'épisode VII. Ainsi le sublime se confronte au mauvais goût et on peut passer par le plus grand émerveillement devant certains plans à se damner pour ensuite avoir envie de se crever les yeux face à d'autres purement ridicules (Space Mary Poppins, je pense à toi). Les effets spéciaux sont eux même assez inégaux et force est de constater que cet opus vieillira moins bien que le Réveil de la Force ou Rogue One. Déjà, certains fonds verts bien fat font tâche pour une production d'une telle envergure. Enfin puisque l'on parle du visuel, j'ai du mal avec la photographie du film, qui si elle parvient à tenir la route dans les scènes proposant des visuels grandioses, elle se révèle aussi très ternes dans les moments plus "classiques".Par exemple on a un personnage comme Holdo dont l'aspect général détonne en terme de colorimétrie avec l'environnement (prévalence de violet dans son look alors qu'elle évolue dans des décors "gris"), mais la photo ne profite pas de ce contraste offert pour le mettre en avant et donner plus de "peps" à son cadre. En gros, même avec de la couleurs, l'image peut parfois s'avérer assez plate.

Enfin dernier grief contre ce Dernier Jedi, son écriture quant à certains arcs. Second acte oblige, le film est l'occasion d'étendre l'intrigue et opte pour la technique classique de tout second acte : la séparation des héros avec pour conséquence la multiplication des intrigues. Ainsi le film est centré autour de 3 arcs d'importance dans le récit plus ou moins variable, mais surtout d'intérêt inégal. Ainsi si les arcs centrés sur Rey/Luke/Kylo Ren et sur Poe Dameron fonctionnent plutôt bien (malgré une certaine aberration d'écriture sur l'arc de Poe); il y en a un qui ne fonctionne pas : celui articulé autour de Finn et de Rose, nouveau personnage intégrant la licence. C'est simple, toute cette partie du film semble être un détour qui n'a pour but que d'étoffer le background de cet univers et "d'occuper" le personnage de Finn qui sans ça n'aurait rien à faire. Il me fait penser aux partie se centrant sur Merry et Pippin dans Les Deux Tours, un truc complètement annexe qui fini par avoir son importance dans l'histoire du film, mais qui demeure moins intéressant que les autres éléments du film et parait sur le moment accessoire. Sauf que contrairement à Merry et Pippin, Finn et Rose peuvent être présents assez longtemps à l'écran. En outre cet arc est surement celui qui accumule le plus les paresses d'écritures avec des héros ne progressant que grâce à la chance

On cherche un hacker mais on se fait capturer avant de pouvoir entrer en contact avec lui ? Qu'à cela ne tienne, il s'avère que dans notre cellule on en trouve un autre tout aussi compétent. Nous sommes pourchassés par la "police" et notre vaisseau est abattu ? Qu'à cela ne tienne, BB8 et le nouveau hacker de substitution vont arriver au dernier moment nous sauver. On se fait coincer par le Premier Ordre ? Qu'à cela ne tienne, juste avant d'être exécutés on sera sauvé in extremis par le sacrifice héroïque du vaisseau de la Résistance qui détruira les 3/4 du hangar où l'on est, sauf nous qui sommes indemnes. On a besoin de s'échapper ? Qu'à cela ne tienne, tout est détruit sauf UN vaisseau que l'on va pouvoir prendre"""
Quand en plus on se rend compte que les moments les plus malhabiles visuellement sont aussi contenus dans cette partie du film, telle que cette poursuite sur des chienvaux absolument dégueulasse; cela me confirme cette impression d'une partie du film intégrée au dernier moment et qui aurait pu être compressés. Alors ok; elle amène du background et montre un aspect moins manichéen de cette galaxie si lointaine; mais cela aurait pu être contenu dans des passages moins longuets.

Puisque j'évoque l'écriture je dois aussi reprocher le fait que celle ci semble privilégier l'effet de style à la dramaturgie. Le film cherche parfois tellement à nous surprendre qu'il en vient à tuer dans l'oeuf de bonnes idées potentielles qui aurait pu renforcer l'aspect dramatique de l'ensemble.

Et là vous devez penser que je parle de la mort de Snoke, or il n'en est rien. En fait je la trouve très réussie justement. Non là je parle surtout du pseudo sacrifice de Finn qui finalement sera avortée. Certes il conduit à une belle phrase qui propose un message sympa et assez juste. Toutefois ce genre de moment où l'on joue avec les sentiments du spectateur pour le surprendre avec un coup de théâtre de derrière les fagots me semblent être une vision à court termiste de la dramaturgie tant cela ne peut fonctionner qu'au premier visionnage, quand le second se retrouve pollué par la connaissance du fait que ce moment "d'émotion" ne mènera à rien.

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Alors avec tout ce que j'ai pu dire de négatif sur le film vous devez vous demander pourquoi je lui colle un généreux 8/10. Serais je trop con pour comprendre le principe d'une note ? Bah en réalité c'est surtout que malgré toute la somme de ces points qui me dérangent et font, selon moi, de ce Dernier Jedi le film le plus inégal de la saga après le Retour du Jedi (qui lui aussi alterne génial et navrant), la somme des qualités demeure supérieure de très loin. Déjà, j'ai râlé après la réalisation mais j'ai omis de dire que cela était minoritaire. De manière générale, malgré un abus des gros plans bien fat, on a un film vraiment bien exécuté proposant des moments de pur plaisir cinématographique et de jouissance. Comme en atteste la scène d'introduction ou encore tout le final sur la planète Crait. Idem pour la direction d'acteur où finalement j'ai critiqué un point "minoritaire", tant dans l'ensemble elle s'avère bonne. Mention spéciale au trio Daisy Ridley, Adam Driver et Mark Hamill qui propose les séquences les plus intenses en terme d'acting. Surtout Adam Driver qui confirme tout le bien que je pensais de son Kylo Ren qui s'avère, selon moi, un des meilleurs personnages de la licence.

Mais plutôt que de saluer un spectacle inégalement bien enrobé, maintenant je dois parler de ce que j'ai kiffé dans ce film. Comme je l'ai écris plus haut c'est dans sa relecture du mythe. Commençons par définir "c'est quoi un mythe" :
Récit mettant en scène des êtres surnaturels, des actions imaginaires, des fantasmes collectifs, etc.
Allégorie philosophique (par exemple le mythe de la caverne).
Personnage imaginaire dont plusieurs traits correspondent à un idéal humain, un modèle exemplaire (par exemple Don Juan).
Ensemble de croyances, de représentations idéalisées autour d'un personnage, d'un phénomène, d'un événement historique, d'une technique et qui leur donnent une force, une importance particulières : Le mythe napoléonien. Le mythe de l'argent.
Ce qui est imaginaire, dénué de valeur et de réalité : La justice, la liberté, autant de mythes
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Ca ce sont les différentes définitions du terme mythe selon le Larousse. Et cela permet ainsi de balayer une critique formulée à l'encontre de "Les Derniers Jedi". Il ne détruit pas le mythe, il rappelle juste qu'un mythe... n'est qu'un mythe et confronte ainsi les personnages et en particulier Luke Skywalker a sa légende. Une légende qui l'a surpassé, a noyé l'homme. Si l'épisode VII était l'état des lieux frileux d'un mythe, l'épisode VIII est l'épisode où l'on rénove la maison Star Wars. Ainsi je pense qu'une partie du public se fourvoie en considérant que ce film est une destruction du passé pour mieux avancer. C'est selon moi une vision très réductrice du message de Rian Johnson. Ainsi comme on ne rénove pas une maison en la rasant, on ne rénovera pas Star Wars en détruisant ce qui a été fait avant. Beaucoup reprennent les paroles de Kylo Ren "Détruit le passé", considérant que ce dernier délivre le leitmotiv du film. Sauf qu'il ne vous aura pas échappé que Kylo Ren c'est le "méchant", l'antagoniste et généralement il y a une règle narrative simple concernant le "méchant" : les gentils doivent s'opposer à sa philosophie. Et généralement la philosophie du film, bah c'est celle des gentils. Ainsi la vision nihiliste d'un Kylo Ren voulant faire table rase du passé fait parti du propos, mais n'est en aucun cas LE propos.

Donc maintenant visualisons quelle est la lecture du film.A partir de là je vais spoiler allègrement donc arrêtez de lire si vous n'avez pas vu le film. Soulignons en premier lieu sa porté "méta". Ainsi Rey est le spectateur d'aujourd'hui, croyant en une légende, idéalisant cette dernière. Elle vient à Luke, considérant que son pouvoir de Jedi pourra vaincre le Premier Ordre, comme le spectateur attends que Luke arrive sur le champ de bataille et délivre un combat badass dans lequel il étalerait l'entièreté de la puissance qu'on lui suppose. Or la puissance de Luke, jamais nous ne la verrons concrètement. Ou plutôt jamais nous ne verrons sa puissance telle que nous l'imaginons à coup de cabrioles au sabre laser et utilisation badass des pouvoirs de la Force. Non nous aurons droit à la place à un combat "illusoire" de Luke contre Kylo Ren. Et c'est là que le film est génial. Après avoir remis en cause la mythologie créée autour de Luke, des Jedi, de la Force; ce dernier décide d'embrasser le mythe et ce qu'il a d'illusoire mais aussi de positif. Dans un ultime effort, Luke projette l'image que le spectateur attendais de lui, mais la mise en scène nous donne un tas d'indices pour nous faire comprendre que tout cela n'est qu'une illusion... Pourtant on y crois, car comme Kylo Ren, nous refusons de voir ce qui est sous notre nez, on continue à se bercer avec cette illusion. Mais à un moment l'illusion se dissipe, les masques tombent. Pourtant cela n'a rien d'une vaine tromperie. Car comme dans le film elle permet à la Résistance de s'échapper et de subsister et ainsi de porter un Nouvel Espoir, elle va aussi inspirer les générations futures. Et encore ce n'est qu'UNE seule des interprétations que l'on peut faire autour de la symbolique dans ce combat tant il en recèle (par exemple un Kylo Ren se battant en vain contre une rémanence du passé qu'il aura beau vouloir détruire, mais qu'il ne pourra jamais faire disparaitre).

Finalement le mythe qui s'est forgé autour de Luke est le même que celui qui s'est forgé autour de la trilogie originale, mythe qui a bercé des millions de fans et a même fait grandir certains. Je suis moi même très marqué depuis mon enfance par les messages contenus dans ces films. Mais si on fait de nouveaux Star Wars, on ne peut se complaire dans une vision passéiste, il faut aussi apporter de nouveaux messages et Rian Johnson le fait. Ainsi Luke disparaît, passant le relais à une nouvelle génération qui sera inspirée par son mythe et le perpétuera, tout en évoluant à côté. Et c'est ce que devait faire Star Wars. Finalement le principal message est là : il n'est pas adressé qu'à nous, les vieux fans (ou les vieux cons). Il est surtout adressé à ceux qui vont nous suivre. Ce gamin qui regarde vers l'horizon, bercé par les histoires de Luke Skywalker c'est autant un reflet de nous lorsque nous étions enfants que celui des générations futures, celles qui évolueront avec les nouveaux Star Wars. Et ce n'est pas une mauvaise chose. Et, comme certains ont pu passer outre les défauts de la prélogie, ou d'autres on pu faire de même avec la trilogie, sans doute cette génération se moquera des défauts que j'ai énuméré plus haut. Ils ont des films pour eux, qu'ils vont kiffer et avec lesquels ils pourront grandir, se développer. Et ainsi lorsque sortiront les Star Wars XXI et XXII ils gueuleront à leur tour que ce n'est plus comme avant... Et ces générations futures, ils ont des films avec des messages positifs. Des spectacles bien faits et exaltants mais aussi finalement assez intelligents. Ce Star Wars s'est autorisé à ne pas être "MON" Star Wars et vous savez quoi ? Bah j'en suis assez content et c'est la plus grande qualité que je lui confère. Et c'est aussi pour ça qu'au fond, malgré ses défauts, je l'aime autant.

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