C'est le week-end du jubilé de platine d'Elisabeth II ! Pour célébrer ses 70 ans de règne, certains vont se faire une saison de la série "The Crown". Moi, je profite insidieusement de la suppression opportune d'une lettre, et je décide de revoir "The Crow", d'Alex Proyas !
Le film est bien sûr connu pour un accident de tournage aussi brutal que tragique, qui tua Brandon Lee, fils de Bruce Lee. A l'époque, Paramount décida de suspendre la production quasi achevée du film. C'est Miramax qui rachètera les droits, acceptant de boucler le financement et la production avec quelques doublures et effets visuels.
On ne va pas de mentir, le scénario de "The Crow" est des plus primaires, avec une simple histoire de vengeance et des méchants tarés. Et un héros invulnérable qui diminue les enjeux, du moins jusqu'à un dernier acte qui les relève.
Mais "The Crow" fait partie de ces films sauvés par leur visuel. Si le montage des scènes d'action est juste correct, Proyas développe ici un univers gothique, pluvieux, et désespéré. Une ville crasseuse où la violence semble régner en permanence, à l'instar de Gotham City (plusieurs similitudes avec Batman sont d'ailleurs présentes), ou la ville de "Seven".
Les mouvements de caméras originaux et les plans iconiques s'enchaînent, donnant réellement l'impression de lire un comic book qui claque. Avec en prime quelques bonnes têtes. Si Brandon Lee n'était pas l'acteur du siècle, il est convaincant dans ce rôle de justifier allumé par la souffrance. Face à lui, le toujours inquiétant Tony Todd, ou l'éternel méchant Michael Wincott.
Avec en sus une BO rock/grunge, l'ensemble fleure bon les années 90... et se pose par ailleurs comme l'un des rares films de super héros réussi de cette décennie, Batman mise à part.
Il est malheureux qu'après ses débuts prometteurs, Alex Proyas se soit enfoncé dans des projets douteux à partir de la fin des années 2000...
Sinon, la reine sera contente, j'ai entendu les entendu les feux d'artifices en son honneur en fond sonore pendant le film...