Soderbergh se loupe complètement avec ce film hybride qui part dans tous les sens sauf le bon.

Avis sur The Laundromat : L'affaire des Panama Papers

Avatar Rémy Fiers
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Soderbergh passe qualitativement du tout au rien, on pourrait même avancer qu’il sait alterner le chef-d’œuvre puis le carrément n’importe quoi comme ici. Il jongle de cette manière entre ses films et autres activités comme il peut passer d’un genre à l’autre avec une aisance incroyable. On ne pourra donc pas lui reprocher de ne pas essayer, de ne pas innover ou de ne pas sortir de sa zone de confort. Lorsqu’on a su qu’il s’attaquait à l’affaire des Panama Papers, on jubilait à l’idée qu’il traite ce sujet d’actualité comme il a traité celui des cartels mexicains avec le magistral « Traffic ». Donc après l’excellent thriller shooté à l’I-Phone « Paranoïa » ou encore le film d’arnaque plutôt moyen au joli casting « Logan Lucky », le cinéaste pose ses valises chez Netflix. Et il persiste dans les montagnes russes qualitatives pour signer ce qui s’avère être l’un de ses pires films avec « The Informant ». Et confirmer ainsi une carrière en totales dents de scie. En effet, même si « The Laundromat » n’est pas un navet (il serait en effet difficile de qualifier une œuvre d’un cinéaste aussi doué que lui de la sorte), c’est clairement un long-métrage raté dans les grandes lignes et dont le traitement passe complètement à côté de son sujet. Une œuvre décevante en tous points qui nous laisse souvent sur le carreau et circonspects. Le message est bon, c’est sûr, et la volonté louable mais la mise en pratique est désastreuse.

A l’instar de « The Big Short » d’Adam McKay qui tentait de vulgariser la crise des subprimes et y n’y parvenait que partiellement, « The Laundromat » tente de nous faire comprendre les tenants et les aboutissants de l’affaire des Panama Papers. Et si on apprend quelques petites choses, on finit le visionnage du film pas plus instruit sur le sujet que précédemment. On n’y comprend souvent même rien, il faut l’avouer en dépit de grands renforts de parenthèses explicatives très maladroites. Le comble! Sur ce registre peu aisé, seul l’impeccable « Margin Call » relevait pleinement le défi de parler des dérives de la finance de front et avec brio. Ici, au bout d’un quart d’heure, il y a une absence totale de fil narratif cohérent et ça part dans tous les sens, sauf le bon. Pourtant le film débutait bien avec une accroche amusante où le duo Oldman/Banderas parle face caméra puis l’histoire suivant Meryl Streep. Mais ensuite c’est du grand n’importe quoi à cheval entre pseudo-fiction et documentaire où on a du mal à trouver le rapport avec les événements du début. Soderbergh semble s’être perdu avec son sujet. Il y a des séquences qui tombent comme des cheveux sur la soupe et prennent un tiers du métrage (celles avec le millionnaire africain et celle avec Matthias Schonnaerts). Le cinéaste semble ne pas savoir se dépêtrer de son postulat de base basé sur des faits réels, et on est loin, par exemple, du magistral « Pentagon Papers » déjà avec Meryl Streep. « The Laundromat » laisse donc pantois, voire consterné. Une catastrophe au casting cinq étoiles où seul le monologue final de l’actrice s’avère pertinent et ludique bien qu’il enfonce des portes ouvertes. Heureusement que c’est court et bien réalisé… mais au service de rien avec des stars qui viennent faire coucou sans savoir ce dans quoi elles jouent.

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