Star-Trek et Avatar à l'envers...elle est chouette notre planète!

(Texte et ressenti écrits à la sortie de la salle en 2013, modifié en octobre 2020, film revu sur OCS, tout le texte spoile)
Elle ne voit pas parmi nous qui est beau et qui est laid. Elle ne fait pas nos différences.
Elle est une fanatique d'une autre clique mais apprend à force de nous fréquenter de nouvelles valeurs.

Vu en salle en 2013 et dés cette première fois, pour moi, ce film a été une sorte de Star-Trek humaniste à l'envers car c'est une Alien qui vient sur terre pour nous dévorer (ou nourrir son entité génitrice) mais à notre contact, elle apprend la beauté de l'humanité:
___elle apprend la solidarité: c'est notamment la scène où elle trébuche sur le trottoir et des passants se précipitent pour l'aider; ce qui la surprend (elle avait observé froidement la solidarité d'une de ses proies pour un humain se noyant)
___elle apprend la beauté (quand elle se voit encore dans le miroir mais commence à être lentement frappée par sa beauté ...elle commence à voir ce que ses proies avaient vu en elle),
___hors de sa secte, elle apprend à notre contact l'humour et l'amitié (avec les copines en sortie qui l'entrainent dans une soirée en discothèque, cela doit pas trop arriver sur sa planète de chasseurs!),
___elle apprend l'amour etc.
___hors de sa secte, elle apprend lentement la belle vie et le bonheur et les petits bonheurs. Elle apprend à les apprécier.
Notamment celui de la nourriture en par exemple ""mangeant"" un cake au si merveilleux chocolat...substance divine qui justifie notre présence sur terre. C'est la scène dans l'hôtel: elle coupe un morceau du gâteau avec sa fourchette.
(ce cake ressemble d'ailleurs à la montagne vue juste avant...même dégradé de couleurs).
___elle apprend le plaisir de la musique chez son dernier aidant et mentor (excellent
Michael Moreland dont j'ai d'abord eu peur, comme je suis un bourgeois souvent apeuré par l'inconnu)
...elle découvre le plaisir du rythme et de la danse (je ne sais plus ce qu'il met à la radio en faisant la vaisselle).
Il tape des pieds et elle tapera alors des doigts.
Ces gros plans sur ces doigts qui frémissent puis battent la mesure rappellent les plans sur les mains de Frankenstein: le rêve de créer un être humain n'est donc pas que mécanique.
Comme l'actualité nous le rappelle, ce qui fait un être humain (comme par exemple, "un inuit" dixit Blanche Gardin) n'est pas que l'apparence, même si l'enveloppe corporelle et l'apparence sont celles de Scarlett Johansson.
(d'ailleurs les scènes des enveloppes corporelles soudain vides mais flottantes dans l'acide noir m'avaient glacé dans la salle de cinéma...ces costumes vides que sont l'image qu'on donne aux autres).

____Au contact de ce gentil calme vrai homme, ce gentilhomme, elle apprend aussi un peu l'humour: il regarde à la télé un comique à chapeau/Fez rouge (c'est Tommy Cooper qui doit être compliqué à comprendre pour elle car il est nul...mais il le faisait exprès...ce qui est dure et génial et était sa grande marque de fabrique).

Tous ces nouveaux sentiments ne sont sans doute pas très normaux pour ses congénères Alien si ce sont des sortes d'entités sans capacité d'empathie et de solidarité (comme des sortes de requins...mot qu'on retrouve d'ailleurs sur le casque "Shark" de ses "collègues" à motos, rabatteurs de proies et nettoyeurs).

En résumé, elle a grandi avec des requins et se lie d'amitié et d'amour avec ses proies.
En fait, j'avais réalisé dans la salle de cinéma que ce film est peut-être Avatar, sauf que la tribu chassée , c'est nous, et elle, c'est une sorte de Marine sanguinaire au début mais qui nous découvre à la fin, mais trop tard car elle tombe sur un de nos propres tarés dégénérés qui la tue avant qu'elle puisse nous défendre auprès de sa propre race.


Ajout 2023: J'aime le moment, et sorte de leçon morale, où elle n'a pas encore appris comme nous, qui est beau et qui est laid...c'est lors de la scène dans le van, où elle prend en stop le vrai déformé par la maladie neurofibromatose, Adam Pearson. (un moment qui me rappelle Esmeralda/Gina Lollobrigida, amie de Quasimodo/Anthony Quinn).


Ajout 2026:

  • je l'ai revu en mode silencieux et il marche tout aussi bien.
  • même plans: j'avais oublié que s'échappant de son travail de rabattage de proies, elle va suivre un homme comme ses victimes à elle la suivaient
  • j'avais oublié l'idée de montage suggérant qu'elle se laisse pollué par l'environnement mais au lieu de PFAS nocifs, ce sont des particules d'humanité...c'est le moment où toute l'humanité qu'elle a observé dans les rues, se mélangent à l'écran dans un maelstrom, une sorte de pâte humaine visuelle, l'écran devient une galaxie dorée, puis lentement son visage réapparait dans cette myriade et nuages de visages. Un montage Visage/village suggérant que 'JE SUIS FAIT DE CE QUE LES AUTRES M'APPORTENT?' Lors de ce montage où tous les gens et visages se fondent dans une masse-blob qui l'englobe, on dirait visuellement un bain amniotique dont elle renait en humanité?
  • ma scène préférée reste le moment où elle tape des doigts...quel bel hommage à la musique qui l'a corrompu, qui l'a faite humaine; pas étonnant que les intégriste l'interdisent! (rappelons nous le vieux passant sa tête à chapeau dans la grange de Witness criant Musik? Musik?...il veut pas que sa Rachel, en écoute)
  • ce bon samaritain écossais et sa musique, gentleman délicat avec cette fille, illustre mot à mot la chanson de Brassens sur la saine solidarité: "Elle est à toi, cette chanson, Toi, l'Auvergnat qui, sans façon, M'as donné quatre bouts de bois Quand, dans ma vie, il faisait froid, ..."
  • j'avais oublié quand ce bon samaritain la soulève et la porte pour éviter qu'elle marche dans immense flaque d'eau: c'est filmé de dos, ils sont encadrés par nature à droite et à gauche, comme si 'avant d'entrer dans le Jardin d'Eden' Ecossais...portée comme, les nouveaux mariés le faisaient avant de franchir porte de leur maison?
  • et selon le plan tout à fait final, elle est encore en vie...son âme, son esprit: elle voit les flocons qui tombent?

Créée

le 2 mars 2023

Modifiée

le 22 juil. 2026

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