"Là-dedans j’ai 6 copines et elles courent toutes plus vites que vous"

Avis sur Une nuit en enfer

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Robert Rodriguez et Quentin Tarantino se sont rencontrés au festival international du film de Toronto en 1992, lorsqu'ils vinrent présenter tous deux leurs premier long-métrage, à savoir respectivement "El Mariachi" et "Reservoir Dogs", s'en suivra de nombreuses collaborations dont la première fût un monologue remarqué de Tarantino dans "Desperado", suite de la première oeuvre de Rodriguez. Par la suite, les deux hommes se retrouvèrent autour d'un projet de longue date intitulé "From Dusk till Dawn" autrement dit "Une nuit en enfer", qui fut écrit bien auparavant par Tarantino s'inspirant d'une histoire de Robert Kurtzman; en faite le travail d'écriture était centré sur le passé des frères Gecko, ne faisant l'objet que de brèves lignes dans l'oeuvre littéraire. Ce scénario, Tarantino le proposa à Rodriguez afin qu'il le met en scène, d'autant plus que cela lui permettra d'affiner son personnage de Richard Gecko.

La Cavale !

La scène d'ouverture découle irrémédiablement de l'univers scriptural de Tarantino, tant la situation se place dans un rythme lent et prosaïque, pour servir un rebondissement et une conclusion disproportionné. Et par la suite on suit ces deux protagonistes apparentés, de leur rencontre avec l'ex-pasteur Harvey Keitel ainsi que sa fille et son fils, jusqu’à leur entrée dans le Mexique. Durant cette période, on se dirige vers un semi road-movie agrémenté de dialogues savoureux, et de situation comique, notamment de part la personnalité psychotique attachante de Richard et les répliques de son frère; clairement on assiste à un premier segment Tarantinesque surtout dans l'écriture.

Le Titty Twister

Après avoir écouté un monologue aussi improbable que culte à l'entrée d'un bar, on rentre dans un lieu vaste peuplé de personnalités au physique ingrat, usant de cuir et étant entouré par de nombreuses danseuses peu vêtues, c'est dans cette ambiance gothique et rockeuse que s'installe une BO calqué aux visuelles proposés, et qu'évolue des personnages interprétés par Danny Trejo et Tom Savini pour donner un ordre d'idée. Puis dans cette effluve de vacarme sonore se développe un silence initié par l'arrivée de Salma Hayek, venant interpréter une danse hypnotique suivit d'une révélation bien plus que saugrenue.

Santanico Pandemonium

On assiste à revirement complet de situation, pour découvrir un massacre de vampires à la chaîne dans une pure tradition de série Z, le tout renforcé par un maquillage pustuleux et des effets spéciaux ragoutant, donnant une sensation bien plus dégoulinante à l'ensemble de la scène. C'est une surenchère de sang, de boyaux répugnant qui vient envahir l'écran à une vitesse aussi rapide que notre compréhension du passage de Tarantino à Rodriguez. En voulant jouer sur un aspect kitch, Rodriguez réussit parfaitement à capter l'essence même d'une oeuvre du genre, pour nous retranscrire un condensé tel un hommage.

Enfin, arrive l'image de fin qui retranscrit parfaitement le pied de nez réalisé par les deux compères qui signe là une oeuvre bidirectionnel impérissable, et terriblement en admiration pour le cinéma.

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