Deux petits cons dans l'espace.

Avis sur Valérian et la Cité des mille planètes

Avatar Alice Leuchat
Critique publiée par le

J'aurais presque de la peine d'enfoncer encore un peu plus le clou sur le crâne de Luc Besson. Mais il faut dire ce qui est : Valérian ne fait pas son job.

Les premières séquences donnent plus ou moins le ton : la station spatiale internationale à grandi au fil des ans et s'est enrichie de tous les pays terrestre puis d'extra terrestres dans la paix, l'échange.
Devenant une Utopie vivante, elle s'est mise à errer dans l'espace comme une cité où tous vivent en harmonie.
C'est une vision très belle, optimiste, un peu loufoque, à l'image des aliens improbables dans leur combinaisons colorées qui s'y sont installés. C'est déjà un parti pris en soi.

Vous êtes devant un film pour jeune ado, avec de l'aventure et des monstres rigolos.

Très bien, j'achète.

Et puis ce qui était un potentiel créatif devient une caricature, à l'image des Pearls.
Ils sont beaux, vivent dans des coquillages géants sur des plages de Seychelles infinies, récoltent des perles et se roulent dedans pour être couverts de paillettes.

Ils sont grands, chauves, ont des colliers à plateaux.... (Eh mais c'est des Maasai en fait)

Bref ils ne foutent pas grand choses dans leur habits de sirène. Et ils sont extrêmement kitsch.

Pas kitsch genre marrants, juste kitsch.

Le Cinquième Élément était original et foncièrement drôle parce que décalé. Alors que Valérian est un film qui se prend extrêmement au sérieux.

Il y a bien sûr beaucoup de boulot sur les décors, les costumes, le maquillage mais ici il n'y a pas de dérision possible, pas de grotesque absurde, tout est vernis dans la surenchère et tombe alors dans le pur mauvais goût.

Le soucis étant que tout ce travail ne fonctionne pas ensemble.
On est saturé d'informations, de couleurs, des bestioles non identifiables, d'une pseudo mythologie baclée gentillette comme la station Alpha.

Non seulement on a trop de choses à l'écran mais en plus on a pas le temps d'en profiter entre deux travelings sur une 3D parfois approximative.
J'avais quasi la gerbe en arrivant dans le marché invisible, pourtant une idée avec du potentiel de mise en scène.

Ça c'etait pour l'aspect visuel.

Je vous présente maintenant Valérian : il joue mal, est beaucoup trop jeune et il a l'air malade. Il est, par miracle, major de l'armée fédérale (des humains, je crois.) Il aime Laureline mais c'est un gros beauf macho.

Voici Laureline : belle, trop jeune pour son rôle, elle n'est pas drôle et pense beaucoup trop à ses fringues pour un soldat. Elle n'a qu'une seule expression faciale et fait semblant d'être badass.

Tout les séparent, ils ne peuvent pas se blairer ni se démerder l'un sans l'autre mais à la fin, ils se marient.
Ce sont des petits cons insupportables avec tout le monde, qui passent le film à se chercher comme des lycéens.
Écrit avec les pieds leurs dialogues les rend encore plus insupportable que leur jeu d'acteur.
Valérian est objectivement un mauvais agent qui foire à peu près toutes ses missions quand Laureline ne sauve pas les meubles. Et il trouve le moyen d'être arrogant...

Je m'en doutais un peu, mais on croule sous les mauvaises blagues beauf, à base de femmes qui conduisent mal, crises de jalousie et conquêtes féminines. La scène de pôle dance de
Rihanna m'a achevé concernant l'image des femmes dans le film (facepalm pour le gamin de 9 ans qui était assis au premier rang devant moi)
Je passe encore les références aux films d'Europacorp et les cameo ridicules dans des scènes inutiles et laborieuses. Une bonne partie des séquences sont totalement inutiles à l'intrigue.

Il y a un vague scénario, pas vraiment de méchant, pas de partis pris. Les séquences sont vues et revues : le bazaar alien, les bordels aliens, les touristes, la princesse qui va se faire manger...

On a rapidement l'impression d'être devant un catalogue de boîte d'effet spéciaux vraiment trop long mais qui n'a pas la richesse d'écriture pour ralentir le rythme et laisser place à l'émerveillement, un peu de poésie. (OK c'est du Besson, mais j'ai le droit de rêver à de la bonne SF non?)

Ce qui est terrible, c'est qu'avec 180 millions d'euros de budget, on est même pas un peu impressionné. Ce n'est même pas vraiment catastrophique... C'est juste caricatural et ennuyeux. J'ai déjà commencé à l'oublier.

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