Space opéra beau et longuet

Avis sur Valérian et la Cité des mille planètes

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A vouloir caqueter plus haut que son bec devant l'aigle américain, Luc Besson semble subir un sévère déplumage du croupion par la presse critique yankee vis à vis de sa dernière œuvre onéreuse. Mais qu'en est-il du côté du public européen et français ? Il est trop tôt pour se prononcer et puis je m'en fous, à vrai dire.

Le réalisateur du "Grand Bleu" et du "Cinquième Elément" a réalisé son rêve de jeunesse, celui d'adapter une des références de la science fiction en bande dessinée (que je n'ai jamais lue) sur le grand écran. Les vingt premières minutes font merveille, en montrant d'abord la genèse de la cité orbitale Alpha ne cessant ensuite de s'agrandir au fil des siècles pour permuter sur la très exotique planète Mül, où les touchants autochtones voient leur ciel soudainement s'assombrir, présentant une séquence assez émouvante.
Le supermarché intergalactique, où se superposent deux mondes parallèles, est une bonne trouvaille et permet de commencer à suivre Valérian et son équipière Laureline dans une quête qui se muera en enquête par la suite, tournant d'abord autour d'une mignonne créature, dernière survivante de son espèce, qui lâche des perles une fois qu'elle est nourrie et qui attise des enjeux divergents. Même si les apparences juvéniles des personnages principaux peuvent être reprochables, les acteurs font le boulot en avançant dans leur investigation dans laquelle le dénouement se renifle peut-être trop en amont, ce qui est un peu dommage.
A travers les mondes visités, des multitudes de couleurs, de créatures et de peuples pleuvent dans les yeux pour le grand bonheur du cinéphile, bien que, aussi riche visuellement qu'il est, le film ne soit pas sans aucun défaut.

L'ambiance se plombe dès qu'on arrive au show de Bubble, une créature métamorphe jouée par la pulpeuse Rihanna voulant faire décrocher la mâchoire de Dan DeHaan ; l'histoire prend alors un sérieux ralentissement en subissant ce qui pourrait se prendre comme une coupure musicale assommante. On n'est pas venu pour se taper un Disney là, merde ! Voilà une des longueurs qui aurait mérité une retouche au montage ou être réécrite sur le tournage.

Après cette séquence péniblement supportable, l'histoire reprend difficilement sa vitesse de croisière jusqu'à faire comprendre que l'amour et le pardon absolvent de tous les maux. Voilà. Ce n'est pas le meilleur film de Luc Besson mais il est loin d'être le pire. Si je pouvais suggérer quelque chose au fondateur d'Europa Corps, ce serait qu'il engage un ou deux bons scénaristes (adeptes de la BD comme lui si possible) la prochaine fois, si il y aura une prochaine.

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