La dépression expliqué aux enfants

Avis sur Vice-Versa

Avatar Mad Dog
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Souvent quand on vous vante un film en bien, avec moultes critiques dithyrambiques, quelques mois plus tard, lorsque vous voyez ce film, vous êtes déçus car vous vous attendiez à "plus" que ça. Vice-Versa fait partie de ce genre de miracle où j'en attendais beaucoup et où j'ai reçu beaucoup !

La seule critique "négative" (et construite) que j'avais lue avant de voir ce film était celle de mon camarade Meea qui disait en substance que les films Pixar étaient tous calqués sur le même modèle : un personnage est sorti de son élément et doit retrouver le chemin de sa maison. C'est le principe de tous les Toys Story, de Monstre et Cie, de Le Monde de Nemo et donc de Vice Versa.

Après une époque où tout le monde à vanté l'originalité du concept de Vice Versa (qui est, il est vrai, effectivement plus original que "Le Voyage d'Arlo" ou "Rebelle") des gens se sont mis à pointer du doigt le fait qu'une idée similaire avait été déjà été tourné, en parlant d'Osmosis Jones. Moi je pense plus à Il était une fois la vie (où il y avait aussi un cerveau sous forme d'ordinateur avec plein de techniciens autour) et dès que j'ai vu la bande annonce de Vice-Versa j'ai pensé à ce sketch de François Pérusse qui avait été adapté en dessin animé d'animation. Niveau graphisme et idée certains pourraient limite crier au plagiat.

Tout ça pour dire que l'originalité importe peu, c'est ce qu'on en fait qui est important. Du coup, je me contre-fou que Pixar réutilise ad nauséam le thème du voyage permettant de retourner à la maison (sauf dans Là-Haut où c'est la maison qui voyage) du moment que ça soit prétexte à des péripéties originales. Ce qui est le cas ici, où le voyage de "Joie et Tristesse" dans le cerveau de Riley est un prétexte à visiter les différentes zones de la mémoire et à parler des souvenirs qui s'effacent.

Alors, certes, on pourrait reprocher au film qu'il n'y ai que 5 émotions différentes qui pilotent le cerveau ou que certaines bonnes idées auraient pu être mieux exploitées (on ne trouve dans la zone du "subconscient" que des choses qui font peur... pas de secrets honteux ou de moment génant refoulés...) mais il faut garder à l'idée que c'est un film familial et qu'il a pour but d'être compris par tous. Je trouve même que pour un film s'adressant en partie aux enfants, il arrive finement à traiter de sujets comme : le passage à l'adolescence, la volonté de fuguer, l'impulsivité, l'apathie (l'absence de joie et de tristesse) la dépression (l'absence d'intérêt pour des choses autrefois aimées) le refoulement (le fait qu'un souvenir "clé" sous foutu à la poubelle) et d'autres choses qui peuvent être des "bases" de la compréhension psychologique.

Idem, on pourrait se dire qu'un déménagement n'est pas un événement si traumatisant en soi mais on est dans un film pour enfant. Et la mort d'un proche aurait changé la nature du film en faisant un film sur le deuil. (Il y a déjà suffisamment de héros Disney orphelin comme ça...) Et puis, il y a plein de gens qui ont des névroses et des psychoses alors qu'ils ont été élevés dans des milieux considérés comme normaux.

Alors certes les esprits grincheux pourront résumer cela en "le film qui apprend que la tristesse, hé bah, ça sert à quelque chose, houlalalalala" mais même ça, je trouve ça bien travaillé. Comme on le voit furtivement, le cerveau de chaque personne est guidée par une émotion principale qui prend principalement les commandes : Riley est guidé par la joie, sa mère par la tristesse et son père par la colère. Au final, le film explique que les émotions ne sont pas "négatives" ou "positives" en soit, elles existent et qu'être guidé par la joie ne fait pas de vous quelqu'un de meilleur que quelqu'un guidé par la colère ou la peur. Rien que ça, ça va à l'inverse de tout un tas de films hollywoodiens.

On pourrait aussi reprocher que le noeud dramatique du film....

... manque d'intensité. On pourrait se dire qu'une fois arrivé au bout de sa fugue au Minnesota, Riley serait renvoyé par les parents de ses amies à San Francisco par le premier bus. MAIS l'enjeux n'est pas là. Ce qui est vraiment en jeux, c'est la perte des repères et le fait que ça briserait définitivement tout ce que ses parents représentent pour elle. Avec la transformation de la console en "noir" de façon totalement inaccessible, Riley passe alors en "pilote automatique" comme une personne définitivement apathique. Et là c'est grave.

Ha, oui, autre chose que j'aime avec Pete Docter... il commence ses films par le début. C'est con à dire comme ça, mais ses débuts de films sont incroyablement bien foutus et plantent vraiment bien les enjeux de ses films. Là Haut commençait avec l'enfance du protagoniste, son admiration pour les aventuriers, son amour pour sa femme, son attachement à sa maison ainsi que les tracas de la vie et quelques set-up (les ballons d'héliums qui soulèvent les objets notamment..) Vice-Versa commence avec la formation du cerveau, les premiers sentiments, la construction de la machinerie complexe de la psyché humaine et les souvenirs "clés" de Riley. Tout est déjà expliqué limpidement dès les premières dix minutes.

Bref, du Pixar en très grande forme.

PS : Ayant vu l'Exorciste un jour avant, je me suis rendu compte que j'avais écrit l'intégralité de ma chronique en appelant Riley par le prénom de Regan. Ceci dit, c'est aussi une histoire de personne qui est gouverné de l'intérieur par une émotion principale... mais c'est pas raconté de la même manière.

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