Le serpent qui se mord la queue.

Avis sur Zero Theorem

Avatar Crillus
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Aaaahhh Zero Theorem, ma plus grosse attente de l'année 2014 par un réalisateur qui enthousiasme. C'était pourtant bien parti avec une ambiance sombre et cynique, un individu perdu et solitaire tranchant avec un univers ultra connecté, ultra observé et complètement aliéné, ou comment réinventer Big Brother et 1984 mais en l'encrant dans un univers plus proche de notre folie contemporaine et réactualisant l'univers avec nos propres avancées.

Le monde n'est plus alors qu'excentricité cachant mal un monde d'égocentrisme, de repli sur soit et d'ignorance de l'autre, forçant parfois à l'excès les défauts de notre monde moderne dénaturé et pourri par la publicité et l'exploitation à outrance où plus aucune vraie valeur n'existe, un monde dépressif où paradoxalement l'individu principal véritable inadapté social est en réalité l'homme le plus humain qui soit n'espérant qu'une chose : un appel qui lui donnera le sens de sa vie.

Mais que se passe-t-il lorsque cet individu voit sa vie changer du tout au tout quand on lui propose de plancher sur le Théorème Zéro, un théorème mathématique dans lequel 0 = 100% ? Simple, il va se passer ce qui se passe toujours dans un film américain : Oh AmoouUUuur.

Le reste n'est alors qu'un film à l'américaine classique d'amour avec une esthétique très bien réussie sur lequel il n'y a rien à dire, mais à quoi bon développer un univers péchu et un propos engageur si c'est pour noyer au bout de 30 minutes environ dans un univers qui frole le cyber-guimauve nous offrant oh merveille éternelle toujours ce même exemple du brave isolé retrouvant gout à la vie et de son pote le jeune génie geekounet à la cool kisalpet ô combien cliché ! ce rôle c'est un peu la maladie du siècle puisqu'il semble devenu nécessaire de toujours caler dans un film avec un peu de technologie un ados à peine pubère en génie de l'informatique socialement arriéré et mal-aimé mettant à l'amende l'intégralité des meilleurs experts.

Dommage, en voulant définir un film qui aurait pu être absolument génial Gilliam manque le coche en tombant dans quelques uns des clichés les plus dommageables du cinéma actuel préférant définir un basique rapport social dans un univers bien pensé plutôt que de mener sa réflexion sur le monde actuel jusqu'au bout, allant même jusqu'à rater une partie de son esthétique finale, qui représente pourtant la plus grosse qualité de ce film.

Je retiendrai quand même quelques excellentes idées notamment en début de film pour avoir défini un univers très réussi et nous avoir enfermé dans ce qui est presque une sorte de semi-huit clos en définissant une règle par laquelle "la meilleure des prisons est celle où l'on se croit libre" et le sens de la vie malheureusement mis à mal par un éternel sentimentalisme qui ne sert que de levier poussif à l'histoire. Mais RAAAH que ça avait si bien commencé !

Ma note sera donc moyenne, mais elle traduira autant ma considération sur ce film en tant qu’œuvre que mon amertume après l'avoir visionné.

ps : n'empêche avoir une pub qui te parle et qui te suis quand tu marches dans la rue, c'est diabolique.

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