A la base c'est une histoire vraie, celle de Mathias Mlekuz qui part avec son meilleur pote, le très bon Philippe Rebbo, refaire le road trip de son clown de fils jusqu'à Istanbul pour y retrouver sa dernière petite amie iranienne, elle aussi actrice. Lequel fils s'est donné la mort quelques mois plus tôt. A priori pas de scénario à la base, même s'il existe une mise en scène puisque les compères sont certainement filmés par un ou deux larrons accompagnés d'une équipe réduite.
Bien entendu, les soixantenaires en goguette prennent plus souvent le bus et le train que le vélo, qu'ils poussent plus souvent qu'ils ne le chevauche. Il faut dire que pedaler en costume ne doit pas être facile sur une longue durée, voyage qu'ils ne font certainement pas dans les faits. On découvre les pensées, le fatalisme, le doute, d'un parent qui a perdu son enfant. Beaucoup de poésie et de remises en question, de rencontres, même si le voyage semble attaché à quelques moments seulement : une ecole en France, un coin en Roumanie, un passage loufoque dans un Airbnb en Autriche et on est déjà à Istanbul.
Là, Philippe Rebbo laisse la place au second fils de Mathias Mlekuz, histoire de montrer qu'il a tout de même une famille, et qu'elle prend le dessus sur l'amitié. Pourquoi ne fait il pas ce trajet avec son fils plutôt qu'avec son pote ? Parceque son fils n'est pas acteur de métier ?
C'est un très bon film, emplit de sentiments. Peut être un peu trop lacrymal, peut être certaines longueurs. Le passage en Autriche est très drôle, peut-être le meilleur du film, car il aide à la reconstruction. Il est toujours difficile de perdre un être aimé, mais je me pose la question du voyeurisme qu'inspire cette idée de film, après avoir vécu un moment aussi dur.
Ce qui me crispe un peu, malgré que l'intention de faire son deuil soit louable, c'est de se servir de l'histoire pour en faire un film, l'exploiter, sous entendu en faire de l'argent. Les road trip sont à la mode. Est ce le but premier ? La mort se monnaye t'elle ? Bref, film sympa mais qui me laisse une certaine gêne avec le recul