Une fiction ou un documentaire… Cette aspect docu se sent dans chaque silence, chaque hésitation, chaque phrase qui sort sans être écrite. Il y a un côté docu donc, une transparence. Les dialogues avancent comme dans la vraie vie : spontanés, maladroits, parfois drôles malgré eux. Je me suis jamais vraiment senti comme dans une “scène”, on est juste avec eux, dans une intimité qu’on n’a presque pas le droit de partager. Par moments, j’avais cette sensation d’être témoin d’une douleur qui ne m’appartient pas, mais que je peux comprendre.
Et au milieu de tout ça, il y a de l'humour
La scène avec le traducteur dans l’Airbnb est hilarante, un moment absurde, tellement réel, qui casse le ton grave du film : la vie continue. Il y en a plusieurs comme ça, des moments de vie où la complicité d’une amitié de 20 ans entre Mlekuz et Rebbot se montre.
Mathias Mlekuz nous montre son propre voyage, son propre deuil, son propre fils disparu. C’est une manière de faire vivre son fils une dernière fois, de raconter ce qu’on ne veut pas oublier, de mettre des images sur une douleur impossible à dire
Perdre quelqu’un, et encore plus perdre son enfant. C’est l’ordre du monde qui se renverse. On n’est pas préparé à ça, personne ne l’est. Le film avance alors comme un cheminement : comprendre, accepter, rouler malgré tout. Et pour ceux qui ont déjà vécu un deuil ou traversé des moments sombres, ça tape
C’est un film minuscule, fait à la rache, fragile, drôle, vrai, et profondément humain.