Oui, House of Dynamite, c'est un film sur l’administration.
Un procedural bureaucratique déguisé en thriller, avec les trois points de vue qui se répondent comme des dossiers qui changent de service.
On y parle d'énarques sous tension, de décisions absurdes, de formulaires inutiles, de pratique administrative, de fonctionnaires qui se jalousent ou qui essaient de sauver leur poste pendant que rien ne marche autour.
Le meilleur parallèle, ce n'est sans doute pas Fail Safe avec Henry Fonda (1964), ni Wargames (1983), c'est Shin Godzilla de Hideaki Anno (2016) - film génial et trop méconnu où le Kaiju ne sert qu'à donner un prétexte pour montrer la machine administrative en train de s’auto-digérer.
Du coup, ceux qui cherchent un message politique dans House of Dynamite n'en trouveront pas plus que dans Evangelion - où le même Hideaki Anno trouvait déjà plus intéressant de montrer des feux rouges en gros plan plutôt que des missiles qui explosent.
Le chaos bureaucratique se suffit à lui-même.