Kathryn Bigelow filme les conflits, officiels ou non, comme peu. Une efficacité démontrée, et notamment, une capacité à rentrer dans la tête des personnages comme rarement. Comme un rapport sensuel à la mort ou au risque mortel. Pas au sens érotique du terme, mais au sens, de ressenti.
Ce film, ici encore, est d'une efficacité incroyable. A la fois spectaculaire à peu de frais, puisqu'il n'y a pas vraiment de scènes d'action, mais une tension extrême dans les personnages, que la caméra et les acteurs gèrent avec brio. 3 fois.
Je ne savais pas à quoi m'attendre, mais Bigelow représente pour moi un gage de qualité, de l'action, de la tension, mais pas vaine. Le système du point de vue multiple, que j'ai mis un tout petit peu de temps à comprendre, fonctionne bien. J'avoue, certains acteurs, tels Idriss Elba ou Jared Harris, pourraient jouer dans un film de Max Pecas, j'en aurais déjà un a priori positif.
Et puis, il y a le (léger) polémique cop-out : l'absence de conclusion. Bigelow veut lancer un avertissement. Le nucléaire, sensé être dissuasif, associé à des tensions qu'on n'a pas connu au niveau des grandes puissances depuis 40 ans, nous amène vers des risques majeurs. Et je pense que son message ultime, c'est : vous ne savez pas du tout où vous allez.
Et elle a raison. "Est-ce que ce monde est sérieux ?", pour citer un grand philosophe français.