Voir le film

On est ici en présence d'une petite perle méconnue dans nos contrées (je crois que j'en ai entendu parler pour la première fois dans la série de docs "In Search of Darkness"). Un jeune éphèbe de 17 ans est élevé par sa tante après la mort de ses parents (scène d'accident bien crade en pré générique). Alors qu'il commence à manifester des envies d'émancipation, la possessive tantine-gâteau le prend plutôt mal et manigance un événement dramatique pour le retenir malgré lui à la maison. Mais forcément rien ne se passe comme prévu.


De ce canevas intriguant mais pas révolutionnaire, le film va prendre à contre-pied toutes les attentes du spectateur de l'époque (rien que le traitement de l'homosexualité supposée ou pas des personnages est incroyable). Aujourd'hui ça fait toujours mouche, tant le scénario est toujours un peu à côté des standards du genre. Le flic borné ne reviendra pas à la raison. Le jeune héros sera toujours un mystère pour sa petite amie.


Dans le rôle classique de la femme sur le fil qui perd pied et sombre dans la folie meurtrière, Susan Tyrell se régale et en fait des caisses ; parfois c'est trop, et parfois c'est terrifiant. Je mettrais ma main à couper que certains de ses gestes sont des improvisations qui ont dû bien surprendre son jeune partenaire de jeu, impeccable lui aussi. Le film remplit en outre son quota de moments chocs qui lorgnent vers le slasher en vogue à l'époque.


Les incohérences manifestes et répétitives dans les comportements des personnages semblent davantage participer à l'élaboration d'un canevas de conte de fées freudien qu'être le résultat de facilités scénaristiques. Tout le monde ici gagnerait vraiment à s'étendre sur le divan du Dr Sigmund. J'ai parlé du flic borné, dont le moi est visiblement en burnout sévère, mais la voisine curieuse a vraiment un death wish sacrément tenace.


Voilà donc un film déstabilisant, vraiment atypique, une anomalie aussi bien dans le panorama horrifique de son époque que dans la proprette filmographie de son réalisateur. Difficile d'apposer une étiquette ou un jugement définitif sur un tel film, victime par conséquent d'une distribution désastreuse en France. Il est visible en ce moment sur Shadowz, profitez-en.

Seet
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les meilleurs films de 1981, Alzheimer prévention 2024, Vus sur Shadowz 2024 et Les meilleurs films avec Bill Paxton

Créée

le 30 oct. 2024

Modifiée

le 30 oct. 2024

Critique lue 42 fois

Seet

Écrit par

Critique lue 42 fois

1

D'autres avis sur À la limite du cauchemar

À la limite du cauchemar

À la limite du cauchemar

8

Zogarok

1640 critiques

Les non-dits sordides en plein jour & l'ivresse des obsessionnels

Ce film est une de ces petites merveilles qui se relève par hasard ; on part pour un programme à suspense ou d'horreur quelconque en l'espérant savamment dosé et saignant, on trouve effectivement un...

le 20 nov. 2021

À la limite du cauchemar

À la limite du cauchemar

7

MalevolentReviews

3699 critiques

Οἰδίπους Τύραννος

Petit bijou injustement méconnu, À la limite du cauchemar a eu une production pour le moins compliquée et une sortie en salles du même acabit. À l'origine réalisé par Michael Miller (La Prison du...

le 16 déc. 2020

À la limite du cauchemar

À la limite du cauchemar

6

RENGER

4656 critiques

Une sympathique Série B horrifique.

C’est à l’âge de 3ans que Billy a été confié à sa tante, suite à la mort de ses parents. A l’adolescence, il commence à fréquenter une jeune fille de son âge, ce qui ne plaît guère à Cheryl qui va...

le 26 déc. 2024

Du même critique

Spider-Man: Maximum Carnage

Spider-Man: Maximum Carnage

7

Seet

117 critiques

Pique-nique en famille

Au vu de la réputation de ce crossover interne aux séries Spider-Man de l'époque, on est en droit de l'approcher à reculons. "Maximum Carnage" suscite en général le désaveu de la part des fans de...

le 27 janv. 2016

La Fiancée de la jungle

La Fiancée de la jungle

3

Seet

117 critiques

Une affaire de pourcentages

Rien de bien folichon à se mettre sous la dent dans cette simiesque série Z, constituée essentiellement d'un tunnel de scènes de chasse à base de stock-shots - ces derniers constituant à vue de nez...

le 11 janv. 2017

Pulsions Cannibales

Pulsions Cannibales

8

Seet

117 critiques

Love at first bite

En compilant les raisons qui font que j'aime ce film, je me rends compte qu'il constitue en fait un représentant idéal du ciné horrifique italien de cette époque : Histoire mélangeant les...

le 8 févr. 2018