Le concept parait aussi évident (à se demander comment personne n’y avait pensé auparavant) que brillant : aborder le célèbre « métro-boulot-dodo » sous le prisme du thriller/survival (avec des instants anxiogènes comme ces réveils qui pourraient se rapprocher également de l’horreur). La forme est au diapason de cette idée : réalisation et montage nerveux associés à une musique (toute proportion gardée pas si loin de ce que propose Trent Reznor/Atticus Ross dans leurs BO) et un sound design (de l’univers urbain) stressants.
Evidemment l’œuvre ne serait rien sans ce personnage auquel on s’accroche (en suivant son unique point de vue durant tout le long-métrage) et on s’attache durant cette petite semaine (un sentiment d’urgence permanent s’en dégage) ; personnage sublimé par une grande Laure Calamy, véritable boule d’énergie avec des accès de mélancolie.
Le tableau des galères (transport, boulot, argent, problèmes de garde et d’enfants, célibat) est peut-être un peu chargé ; on se serait bien passé par exemple du bras cassé , de la menace des services sociaux ou de l’évocation d’une potentielle issue dramatique
(le fort sous-entendu d’un possible suicide sur la voie ferrée).
Malgré ce bémol ,« A Plein temps » sonne très souvent juste et émouvant (belle scène finale avec
ce vrai-faux happy end doux-amer)
pour qui (comme moi) a déjà connu la vie agitée et parfois compliquée d’un francilien actif avec enfants.