Send Help
6.4
Send Help

Film de Sam Raimi (2025)

Sam Raimi revient à ce qu’il fait définitivement le mieux après quelques errements malheureux dans le merveilleux tendance mièvre (« Le Monde fantastique d'Oz») ou dans les produits standardisés du MCU (le fatiguant « Doctor Strange in the Multiverse of Madness ») avec à chaque fois une débauche de numérique débouchant sur un vomi visuel.


En parlant de vomi, « Send Help » n’en est pas avare ainsi qu’en en autres fluides divers et variés. On sent le réalisateur d’ « Evil Dead » plus à son aise dans ce cinéma plus « petit » (bonne surprise d’assister à une confrontation avec 2 acteurs en alchimie dont une Rachel McAdams jubilatoire en

« Ugly Betty » virant psycho,

là où on aurait pu attendre un plus vaste jeu de massacre éculé façon slasher) et « réel » (les guillemets sont importantes) même si on doit subir quelques effets moins heureux : les fonds numériques,

le sanglier en CGI dans une scène qui reste malgré tout réjouissante ou bien un jump scare très cliché dans une scène de cauchemar.

Il y a bien sûr de grosses facilités dans ce scénario (la fan du TV show « Survivor » qui va se retrouver par accident sur une ile déserte ou la caractérisation psychologique basique du fils à papa) mais elles restent acceptables tant le long-métrage ne se prend pas au sérieux ; ce qui n’empêche pas les scènes de tensions/suspens au 1er degrés

(ce duel au soleil qui évolue de la méfiance à une certaine forme d’attachement jusqu’à un point de rupture)

qui cohabitent parfaitement avec des touches de second degrés :

le sanglier donc, la fausse castration ou bien le final dans la villa.

Il s’agit donc d’un bon ride horrifico-grotesque, certes pas révolutionnaire (« Jusqu’en en enfer » plus radical, dans un genre et ton similaire, reste au-dessus), mais qui n’oublie de rajouter comme l’œuvre sur-citée une couche sociétale bienvenue : l’inversion du rapport de pouvoir entre l’exploitant et l’exploité associée à une gentille dénonciation de la société du paraitre et l’argent

à l’image de cette fin rendant complice le spectateur (clin d’œil amusé puis regard caméra menaçant) des méfaits de son « héroïne ».

Un film de vieux sale gosse imparfait mais qui fait du bien.


Doof-Warrior
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le 9 mars 2026

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Doof Warrior

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