Ano natsu, ichiban shizukana umi (Japon, 1991) de Takeshi Kitano est un film sur deux sourds et muets, sur le surf mais aussi et surtout sur la mer.
Le film est composé d'un bleu terne, au désir du cinéaste, comme si l'absence de perceptions du bruit des vagues rendaient les vagues fades. Cependant, bien que le bleu de l'océan ne soit pas mis en valeur, ce même océan ne nous parait pas moins beau. Kitano réussit à transcrire à l'écran la douce force de la mer. Une mer inspiratrice comme une mer destructrice.
Le film de Kitano, véritable poème et ode à la mer, se construit sur des contemplations toute déléctable, sur des gags parsemés savamment et sur des scènes de regards entre les deux sourds et muets. Durant le film on rit à la sobriété de Shigeru et Takako joué respectivement par Kuroudo Maki et Hiroko Oshima. Avec ces deux acteurs, Kitano fait une direction de très bonne facture. Le cinéaste réussit à donner aux personnages une véritable crédibilité. Crédibilité entâchée par une fin un poil trop poétique et prévisible qui échappe au spectateur.
Sans être un sabordage, la fin est surement le point faible du film car là où Kitano embellit son oeuvre tout le long d'instants calmes et sentimentalements humbles, la fin se pique d'un spéctacle qu'on conçoit contingent. En conclusion, A Scene at the Sea est incontestablement une des oeuvres majeurs de Kitano puisqu'elle montre à quel point il peut-être bon sans apparaître à l'écran. Un bijou de contemplation, un quasi muet ( qui aurait pu plaire à Kubrick ) mais doté d'une fin trouble.