En Chance til se saisit de la détresse de ses personnages comme autant de retournements de situation destinés à surprendre le spectateur. Aussi cette spectacularisation de l’intime s’applique-t-elle au détriment de toute pudeur, que prend en charge une caméra impersonnelle et une mise en scène grossière, oscillant entre le polar danois et le filmage poétique à la Terrence Malick – voir à ce titre les scènes dans une maison baignée de soleil où se rassemblent les membres d’une belle petite famille. La réalisatrice se complaît dans la laideur, y retourne ad nauseam, si bien que son geste artistique ressemble à la négligence de ces parents incapables de changer la couche sale de leur bébé. Seule l’interprétation de Nikolaj Coster-Waldau justifierait, et encore, le visionnage d’une production sinon repoussante.