version "Director's cut"
Un commando de la Marine américaine débarque à bord d’une station de forage offshore afin de porter secours à un sous-marin nucléaire échoué dans les profondeurs. Ils ne tardent pas à y découvrir des phénomènes inexpliqués…
Après son space-opera sévèrement burné (Aliens, le retour - 1986), James Cameron réitère l’expérience, non pas dans l’espace mais sous la mer, avec Abyss (1989), une impressionnante odyssée aquatique se déroulant intégralement sous l’eau (les aquaphobes n’ont qu’à bien se tenir car le film dure pas moins de 2h20, ou 2h50 pour la version "Director's cut", celle que j’ai vu, nous donnant l’occasion de voir, entre autres, toute la dernière partie avec les
NTI ("Non-Terrestrial Intelligence") et la séquence du tsunami,
qui avaient été tronquées dans la version exploitée en salle).
Avec un budget colossale (pour l’époque et pour un réalisateur de 35 ans) de 70M$, impossible pour lui de tourner en pleine mer et encore moins en studio (aucun lieu n’est capable d’accueillir un tournage de cette ampleur, les rares studios immergés n’ont pas la capacité), il jette alors son dévolu sur la "Cherokee Nuclear Power Plant" à Gaffney en Caroline du Sud où les impressionnants décors de la station DeepCore y seront reconstitués (en plein coeur d’une centrale nucléaire désaffectée, dans l’un de ses réacteurs inachevés). D’ailleurs, à l'issue du tournage, les décors resteront à l’abandon pendant plus de 15 ans avant de finir par être démolis. A ce titre, je vous recommande vivement de voir Under Pressure : Making 'The Abyss' (1993), un documentaire passionnant sur les coulisses du tournage.
Mais ce décor grandeur nature n’explique pas à lui-seul ce budget démesuré, il n’y a qu’à voir aussi les impressionnants CGI (notamment la séquence du "pseudopode" (l’espèce de "colonne d'eau mouvante") qui n'est pas sans rappeler le T-1000 dans Terminator 2 : Le Jugement dernier (1991), la reconstitution du monde sous marin ou encore l’impressionnant tsunami). Tous ces VFX viennent nous rappeler à quel point son Oscar des Meilleurs effets visuels est amplement mérité.
Abyss (1989) captive et passionne à la fois, avec pour toile de fond la Guerre Froide, le cinéaste nous livre ici un impressionnant blockbuster métaphysique (et au tournage chaotique, comme vient nous le rappeler le documentaire), comme si Rencontres du troisième type (1977) se déroulait dans les abysses.
(critique rédigée en 2011, actualisée en 2026)
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