"On va regarder passer les trains ?" "...Pardon ?"
Premier film du petit marathon cinématographique impossible dans lequel Clou et moi-même nous sommes lancés (la liste ici : http://www.senscritique.com/liste/Le_grand_marathon_du_bibliothecaire_les_films/598565 )
Confortablement installés sur notre canapé, un bol de Ramens sur les genoux et le chat ronronnant un peu trop près du dit bol pour être tout à fait honnête, on regarde passer les accords et désaccords de ces douces envolées jazzy.
J'ai toujours aimé regarder des types jouer de la guitare, gratouillant quelque peu moi-même, et quand c'est raconté avec la petite touche Woody Allen qu'on lui connait bien, c'est forcément un bon moment à passer.
Cette fausse biographie (qui aura en aura trompé plus d'un, moi le premier, la faute à mon inculture en matière de Jazz) nous emmène à la rencontre d'un génie. Le plus grand guitariste du monde (bon, à part le français, là, Django). Et on est pas un génie sans quelques petites excentricités. Notre Emmet a donc quelques occupations assez particulières, certains diront navrantes : regarder passer les trains, tirer sur des rats à al décharge... quand il n'est pas occupé à s'endetter, à boire ou à jouer au billard.
Là où ce film est une réussite, c'est dans la crédibilité des personnage, en particulier Emmet. Son histoire n'est pas extraordinaire, banale presque, mais ses lubies et ses mésaventures sonnent réelles.
J'ai particulièrement apprécié toute la partie où Emmet rencontre puis se marie avec une auteur, qui tente de comprendre d'où viennent son excentricité et son génie. Mais Emmet n'est pas réel, il n'est qu'un fantasme de Woody Allen, aussi son génie ne s'explique pas, aussi son passé n'est qu'une illusion, aussi ses lubies ne sont que des bizarreries scénaristiques, et notre belle auteure ne peut en tirer grand chose.
Et puis il y a bien sûr la bande son, magnifique, qui accompagne joyeusement le film, qui émeut autant si ce n'est plus que les acteurs.
Le film passe et se termine sans que l'on ai vraiment eu l'impression d'avoir assisté à quoi que ce soit. Il ne me laisse qu'une impression douce, une banalité teintée de génie et de musique envoutante, une passion pour la musique déguisée en gagne-pain, et j'en sors comme d'une rêverie : en oubliant bien vite les détails, mais encore bercée par sa musicalité.
Le générique file, et je m’aperçois trop tard que le chat a fini mes Ramens.