Achoura navigue à la confluence de différentes œuvres-fleuves : le champ de maïs ainsi que le refoulement adulte d’un traumatisme enfant l’inscrivent dans l’univers de Stephen King, le fantastique teinté d’enjeux familiaux dans celui de Guillermo del Toro cinéaste et producteur – l’ouverture et le générique empruntent à Mama (Andy Muschietti, 2013) –, la maison hantée abandonnée rappelle celle de Big Fish (Tim Buron, 2003). Tout cela est assaisonné à la sauce marocaine, comprenons le recours à la fête religieuse qui prête son nom au film et à la mythologie du Boughattat, créature qui rend visite la nuit aux dormeurs pour les empêcher de respirer ; sans oublier le contexte colonial, puisque la vieille bâtisse est celle des colons français... Le fantastique servirait alors à représenter l’horreur humaine inscrite dans un contexte historique donné, comme le faisaient El Espinazo del Diablo (2001), qui ancrait son récit pendant la guerre d’Espagne, ainsi que El laberinto del fauno (2005) cinq ans après la fin de ladite guerre. Rien de tel pourtant, car Achoura s’enlise dans les retournements de situation plus clichés les uns que les autres, desservis par une réalisation impersonnelle et l’interprétation calamiteuse des acteurs, jeunes comme adultes. Un coup d’essai raté, auquel manquent maîtrise et vision esthétique singulière.