Just Philippot commence doucement à se faire un nom dans le cinéma de genre français, et réadapter son excellent court métrage “Acide” en long est une décision logique dans la continuité de sa carrière. Le thème de la pluie acide s’avère particulièrement efficace pour un film d’envergure, qui permet également de renouer avec un genre cinématographique trop rare dans le paysage français : le film catastrophe. “Acide” multiplie les grands tableaux de désolation et bénéficie d’un soin esthétique qui donne un sentiment de réalisme, presque d’exactitude, comme si les évènements s’étaient déjà produits.
Les nuages acides présentent une menace qui se fait ressentir tout au long du récit, et invoquent ainsi une notion d’urgence, d’empressement qui gagne tous les personnages. Courir, s’abriter pour survivre devient le leitmotiv, ainsi que la capacité d’adaptation en milieu hostile. Même si les relations entre les personnages sont le point faible du film, car un peu austères et mal délimités, le film offre de belles scènes, notamment la séquence lors de laquelle la fille traverse un champ acide sur le dos de son père.
Enfin, sur l’aspect écologique du film, le réalisateur contourne habilement la cause pour se décharger des détails superflus, et livrer une histoire qui se concentre uniquement sur les conséquences et ce qu’elles engendrent. De même, “Acide” se revendique plutôt comme un film fantastique que réellement annonciateur d’évènements aussi graves, même si le long métrage se veut dans son ensemble pessimiste des catastrophes naturelles à venir. “Acide” est une grande réussite qui saura marquer les esprits, pour un film français de cette envergure.