Un film catastrophe franco-belge qui partait d'une bonne idée : des pluies ultra-acides déferlent sur l'Europe du Nord. Bâtiments, voitures, animaux... tout est rongé. Des parents séparés et leur fille de 15 ans vont tenter se frayer un échappatoire dans ce chaos diluvien.
Ca met du temps à démarrer, mais une fois que l'eau arrive, Just Philippot livre plusieurs scènes bien senties. Il joue sur la peur qu'une bête nuage devienne un fléau. Le montage sonore et les visuels exploitent bien le ruissellement de l'eau et les émanations de soufre mortifères. Diverses fuites apporteront leur lot de tension, ou le passage du pont au dénouement inattendu.
Le problème, ce sont les personnages. Guillaume Canet joue à gros sabots ce syndicaliste vénère, qui semble tout ramener à la lutte des classes, et qui fait preuve d'un égoïsme profond. Il est beau l'homme qui lutte pour le travailleur... et laisse cramer sous la pluie acide le premier ouvrier venu ! Ou sa quête non-sensique pour retrouver sa nouvelle copine à travers la Belgique, au mépris de la sécurité de sa fille et de son ex...
A ses côté, une jeune fille assez irritante, prenant souvent des décisions stupides. Et qui sert surtout à (littéralement) casser les pieds de son paternel. Certains me diront que c'est juste une adolescente, mais tout de même ! Seule la maman incarnée par Lætitia Dosch sera plus raisonnable, mais elle sera plus en retrait.
Ces protagonistes empêchent de pleinement s'identifier au film, et c'est bien dommage. Malheureusement les maladresses ne se limitent pas à eux. Je n'ai pas vraiment apprécie le final qui semble inabouti. Ou quelques passages mal découpés. Je pense à la discussion dans la salle des fêtes, qui emplafonne joyeux la règle élémentaire des 180° et dispose d'un montage incompréhensible.
Dommage pour un film de genre francophone !