Je plains la poule qui passe du coq à l’âne !

Je plains la poule qui passe du coq à l’âne !

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Je me suis ennuyé à mourir devant cette histoire bateau qui ressemble comme deux gouttes d'eau à un récit conçu pour le théâtre : d'ailleurs avec autant de plumitifs pour pondre un nanar pareil, on se pouvait que attendre à une histoire sans âme !

Déjà, ça commence mal : le générique du début semble écrit par un gamin commençant à écrire avec une plume sergent-major !

Aucune imagination : du vite fait ! Au théâtre, les acteurs font le job : au cinéma la vérité éclate : encéphalogramme plat...

Ça c'est pour la forme : sur le fond c'est encore plus triste : on a rassemblé vite fait des acteurs du théâtre (ça s'entend à leur façon de brailler leurs textes au-lieu de jouer sur les trémolos) ou du cinéma muet de grand papa, et n'ayant pas fait la guerre, autour de deux valeurs sucres qui font vendre : Danielle Darrieux et accessoirement Pierre Larquey à la voix inimitable...

Comme si cette médiocrité ambiante ne suffisait pas, ça a été tourné dans des décors de "Paris-Studio-Cinéma" à faire froid dans le dos tant ça sent le bricolage ! Même pour un néophyte, ça en est criant ! Si encore l'histoire était captivante...

Alors, je devine ! Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la demande en plaisirs était telle qu'on aurait rigolé ou réagi avec n'importe quoi, pourvu que ça bouge !

Ça peut sembler incroyable mais ce film tout juste apte à desservir les salles de séries B (cinémas de quartier) , a fait 2 242 346 entrées en salles, et a occupé la cinquante deuxième place des cinquante-cinq du box-office 1946....

Année où Pinocchio atteignait des records mais au-moins avec un peu d'âme et d'inventivité...

Ce n'est guère surprenant, Raymond Bernard (1891-1977) faisait encore des films à l'ancienne et ne semblait pas trop prêt de vouloir en changer puisqu'il c'est le vingt-sixième de ses trente-cinq films tournés de 1935 à 1958, mais plus façon 1935 que 1958 !

Il fallait encore attendre une vingtaine d'années avant que les enfants du "baby-boom" viennent balayer et envoyer au Musée Grévin toutes les vieilles célébrités d'avant-guerre... Seuls les meilleurs survécurent....

Pourtant, d'ordinaire, je serais plutôt enclin à l'indulgence : ce film n'a-t-il pas été tourné avec une Western-Electric ?

Mais là non : ce film à vocation commerciale sans âme ne m'a inspiré aucune tendresse, un peu comme l'anti-héros qu'on nous montre comme un tombeur !


Arte les 20 et 27.10.2025-

Créée

le 30 oct. 2025

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270345

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