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Le nihilisme décomplexé des premiers films de Dupontel a totalement laissé la place à l'humanisme généreux, mais pour voir une œuvre aussi sombre et aussi désespérée (on a envie de dire réaliste dans un certain sens !) du réalisateur-scénariste-acteur, il faut bien remonter à Bernie.

Sauf, grande différence, que le drame a tendance à tirer la couverture à elle, ne laissant la comédie n'apparaître que de temps en temps, au détour de quelques répliques ou situations. Si Au revoir là haut était déjà dramatique, c'est la première fois que l'on a cela d'un scénario original 100 % Dupontel, et surtout, ici, pas de point de vue contemporain sur une période pas si lointaine. Là, il s'agit d'un regard sur notre époque, celle que l'on vit, et on ne peut pas dire évidemment que le constat est réjouissant.

L'humain inhalé par une société ultra-numérisée, aussi déshumanisée que celle dans un Gilliam (qui ne manque pas de faire une petite apparition d'ailleurs !) ou dans un Chaplin, oubliant d'être lui-même du fait de sa soumission à l'intraitable chef capitalisme et à ses satrapes.

Le numérique montré comme accentuant la séparation entre les êtres, mais aussi, paradoxalement comme servant, non sans quelques anicroches, une quête (et pouvant même les rapprocher dans certaines circonstances, paradoxe quand tu nous tiens !).

Et la police qui en prend pour son grade. En ce qui concerne ce sujet, j'avais peur que cela vire à la haine anti-flic aveugle, mais la réplique "ils s'en prennent aussi à eux-mêmes" m'a mis d'accord avec le propos dégagé sur ce problème dans le film.

Donc, on va voir trois individualités qui vont véritablement vivre, c'est-à-dire faire ce qu'ils ont réellement envie de faire, pendant un court laps de temps. Au moins, il y a un côté réjouissant qui peut être mis en exergue de l'ensemble. Bien sûr, on a Albert Dupontel, le fidèle Nicolas Marié, mais aussi une nouvelle venue dans l'univers dupontelien, la jolie Virginie Efira (oui, je la kiffe et je n'ai nullement envie de cacher ma joie de la voir sous la direction d'un des rares cinéastes français intéressants d'aujourd'hui !), plus dans l'émotion que dans le rire, plus dans la tragédie que dans la comédie, pas dans la violence physique (ou très peu !), pas vraiment délurée, mais tout aussi acharnée dans sa recherche qu'un Bernie ; ce qui en fait un pur personnage à la Dupontel. Elle apporte toute sa fraîcheur qui n'est pas en trop dans l’amertume qu'on a en bouche du début jusqu'à la fin.

On peut reprocher tout de même une construction scénaristique qui s'appuie un peu trop sur les facilités du rebondissement hasard pour faire avancer le Schmilblick, regrettant que des moyens scénaristiques plus subtils n'aient pas été trouvés à la place.

Mais reste que cela fait plaisir de constater que le cinéma de Dupontel (au passage, toujours aussi bien maîtrisé techniquement et d'une imagination visuelle toujours aussi intarissable !) n'a rien perdu de sa radicalité. Il faut bien dire que nos temps modernes ont tout fait pour cela.

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