Adorables créatures est très daté, de par sa misogynie notamment, et c'est ce qui en fait son charme, pour peu qu'on ne le voit pas avec des critères d'aujourd'hui. L'exquise galerie féminine qu'il propose, au côté d'un Daniel Gélin remarquablement sobre, est rehaussée par le talent des comédiennes : Darrieux, Carol, Feuillère et Lualdi. Mention particulière pour la deuxième, très en beauté et pétillante, et pour la troisième qui met tout son tempérament au service d'un personnage détestable de femme du monde versée hypocritement dans les actions de charité. Adorables créatures fait oublier sa construction en film à sketches par sa vivacité, son élégance et sa légèreté et grâce à une voix off savoureuse, c'est assez rare pour être souligné, de l'excellent Claude Dauphin. Un film qui ne pourrait sortir aujourd'hui sans être taxé d'anti-féminisme primaire. Un document ethnologique, donc.