Russell Banks est l'écrivain médaillé or olympique du pessimisme. Sorti la même année que l'adaptation par Atom Egoyan de son déjà joyeux Sweat hereafter, c'est ici par Paul Schrader (autre joyeux luron) que nous parvient Affliction (déjà le titre...). En clair, une belle histoire bien sordide se déroulant "sous la neige".
Tout dans le film est marqué par l'échec. Celui de son personnage principal, celui des histoires familiales, celui qui colle aux basques de tous ceux persistants à vivre dans cette région que la neige rend plus rude encore. C'est terriblement anti-sensationnaliste, très ancré dans le quotidien et très lourd question ambiance. Seule bouffée d'oxygène : l'arrivée au milieu du film du petit frère joué par Willem Dafoe, presque la seule personne censée, justement parce que le personnage a quitté la région...
Mais en dépit de tout ça, au final, c'est quand même rudement bien.