Affliction
6.4
Affliction

Film de Paul Schrader (1997)

Je poursuis mon bonhomme de chemin dans la filmographie de Schrader, cinq ans et deux films après Light Sleeper, ma précédente étape. Celui qui cherche une comédie n’est, cette fois encore, pas à sa place ici.


Wade est un genre de policier municipal dans une bourgade du New Hampshire. Divorcé et père d’une ado, il semble subir sa vie, malgré son idylle avec la très patiente Margie. Un jour, son ami Jack renter de la chasse sans le mec avec qui il était parti. Meurtre ou accident ? Et en plus, Wade va devoir s’occuper de son ordure de père et vouloir récupérer la garde de sa fille. Ça fait beaucoup pour un type qui a déjà du mal à gérer ses démons.


Chez Schrader, il y a une forme de destinée. Ses personnages se débattent pour accéder à la vie tranquille qui semble être la norme chez les autres. Et invariablement, ils paient le prix d’un karma tout pourri. C’est encore le cas ici et notre Wade est un personnage absolument pathétique, du genre à faire constamment le mauvais choix et à agir avant de penser. Ces personnages, disais-je, traînent aussi le regard que la société porte sur eux et qui leur interdit tout changement et toute échappatoire. Wade est là où on lui dit d’être et agit exactement comme on s’y attend, c'est-à-dire n’importe comment. Il sait ce qu’il doit faire mais ne sait pas comment. Il ne sait pas comment car il ne croit pas lui-même en sa capacité à réussir, parce que les autres n’y croient pas non plus, à commencer par son père. Comme une malédiction, il est le fils qui n’est pas parti et qui n’a jamais pu affronter directement ce père alcoolique, violent et généralement odieux. Le film, c’est la chronique de cette débâcle. Dans un nuancé de gris et de blanc, Schader livre un drame austère, porté par une mise en scène précise et classique. La véritable valeur ajoutée tient dans la performance de Nick Nolte en chien battu qui voudrait mordre mais ne sait ni qui ni comment. Il semble porter tout le malheur sur ses épaules et sur sa gueule fatiguée.


Conclusion, un drame dur dans le fond et austère sur la forme. Donc non, on n’est pas là pour la rigolade. Reste qu’on est pris par ce récit tragique, à la fois triste et révolté.


>>> La scène qu’on retiendra ? La fin est exactement celle à laquelle on nous mène. Elle n’est reste pas moins d’une tristesse absolue.


Konika0
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le 11 août 2025

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