After hours possède toute la fougue de Martin Scorsese, à cela près qu’elle n’est, pour une fois, pas mise à contribution d’une violence sanguine radicale. Troquant le frisson des fusillades pour l’enthousiasme d’un rire volontaire, il livre sa version d’une soirée manquée, et ce, dans les moindres détails.


Car s’il ne faut pas prendre le risque de trouver une once de rationalité dans ce que raconte Marty, force est de constater qu’il va au bout de son concept, usant jusqu’à la corde toute sorte de coïncidences troublantes qui lui permettent de lier les personnages tordus d’une histoire non moins rocambolesque, ceux-là même qui prennent un malin plaisir à torturer le dindon d’une farce bien corsée.


Quand au pauvre bougre qui met sa tronche à portée des coups, Griffin Dunne était sans aucun doute un choix réfléchi. Une ganache de monsieur tout le monde qui permet une projection immédiate. Entre aplomb curieux et couardise dans la moyenne, il est la raison pour laquelle After Hours parvient à conserver ce certain crédit qui lui permet de ne jamais tomber dans le ridicule. Dès lors, Marty peut tout imaginer, ou presque. Il se paye même le luxe de finir son méfait sur une boucle un peu éculée, un retour au point de départ au moyen d’une pirouette osée.


Niveau mise en scène, c’est propre et carré à défaut d’être au niveau des meilleurs films du maître. L’intérêt est ailleurs, dans cette course effrénée qui rythme la dernière heure, dans l’humour pince sans rire qui caractérise l’ensemble et dans les affrontements amusants que se livrent une palanquée de ganaches connues que l’on prend toujours plaisir à retrouver à l’écran. Mentions spéciale à la torride Linda Fiorentino, qui n’a certainement jamais été par la suite aussi peu sexy à l’écran. Sacré Marty.

oso
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste L'ours, Homo Video, en 2016

Créée

le 29 mars 2016

Critique lue 415 fois

oso

Écrit par

Critique lue 415 fois

14

D'autres avis sur After Hours

After Hours

After Hours

7

Aurea

540 critiques

Loufoque et déjanté: surprise!

A l'étonnement du début a succédé une hilarité contagieuse qui nous a vus plus d'une fois hurler de rire ! Je ne connaissais pas Scorsese sous ce jour, et j'avoue que la découverte aura été plutôt...

le 14 août 2011

After Hours

After Hours

7

Gothic

324 critiques

Soho what?

Scorsese a voulu s'amuser. Je ne vois que cela pour expliquer un tel enchaînement de situations improbables. Il faut voir comment ce cher Griffin Dunne joue ici de malchance, alors qu'au départ ce...

le 17 févr. 2013

After Hours

After Hours

8

fabtx

40 critiques

New York by night

Une nuit épique dans le quartier de Soho, ou comment un simple rencard d'un petit informaticien peut se transformer en descente aux enfers. A mon sens, la plus grande réussite de Scorsese dans ce...

le 11 févr. 2011

Du même critique

La Mule

La Mule

5

oso

928 critiques

Le prix du temps

J’avais pourtant envie de la caresser dans le sens du poil cette mule prometteuse, dernier destrier en date du blondinet virtuose de la gâchette qui a su, au fil de sa carrière, prouver qu’il était...

le 26 janv. 2019

Under the Skin

Under the Skin

5

oso

928 critiques

RENDEZ-MOI NATASHA !

Tour à tour hypnotique et laborieux, Under the skin est un film qui exige de son spectateur un abandon total, un laisser-aller à l’expérience qui implique de ne pas perdre son temps à chercher...

le 7 déc. 2014

Dersou Ouzala

Dersou Ouzala

9

oso

928 critiques

Un coeur de tigre pour une âme vagabonde

Exploiter l’adversité réservée par dame nature aux intrépides aventuriers qui pensent amadouer la rudesse de contrées qui leur sont inhospitalières, pour illustrer l’attachement réciproque qui se...

le 14 déc. 2014