Réalisé seulement 5 ans après la fin de la guerre d'indépendance en Indonésie, After the Curfew raconte sur deux nuits et un jour le retour à la vie civile (si vile) d'un soldat hanté par les actes qu'il a commis sur commande. Iskandar, ce "héros", ne tarde pas à comprendre qu'il n'a pas sa place dans la nouvelle société, entre les privilégiés qui font la fête (il y a plusieurs chansons dans le film), ses ex-compagnons d'armes, désabusés et désireux d'oublier, son ancien chef profiteur de guerre et l'armée qui impose un couvre-feu en ville. Un film rempli d'amertume, d'une grande noirceur quant à l'âme d'Iskandar, perdue dans ses cauchemars, et passablement mélodramatique, dans une narration cependant soutenue. Un des premiers classiques du cinéma indonésien, mis en scène par Usmar Ismail, lui-même vétéran de guerre.