Un casting 5 étoiles (Julia Roberts, Andrew Garfield, Ayo Edebiri) et surtout par les thèmes explosifs qu’il aborde. En effet, le film s’attaque à des sujets ô combien d’actualité et très « touchy » : les accusations de viol, la gestion institutionnelle de ces crises, la parole de la victime face à la présomption d’innocence.
Je vais être franc d’entrée de jeu : le film est raté. La raison principale ? Une prudence excessive de la part du réalisateur Luca Guadagnino. Vous n’aurez jamais la réponse à vos questions, sous prétexte de « faire réfléchir le spectateur ». Pour moi, c’est avant tout un aveu d’échec.
Beaucoup voient ici un film « anti-Me Too » ou une critique de la « Cancel Culture », mais pour ma part, je vois surtout un réalisateur qui intellectualise beaucoup trop son sujet. D’accord, les personnages sont professeurs de philosophie, mais sont-ils obligés de citer des philosophes H24 pour nous le prouver ?
On perd toute émotion dans les dialogues à cause de cette lourdeur académique. On le sent particulièrement quand Alma s’emporte dans une tirade méprisante sur la fragilité des étudiants.
Les sujets graves sont maltraités. Le personnage d’Andrew Garfield est viré assez vite de son poste sans que l’on assiste à un véritable débat au sein de l’université. On ne ressent aucune tension organique. On nous montre trois ou quatre étudiants mécontents, mais ce n’est pas suffisant pour évoquer une crise.
After the Hunt est un film sur la dérive de la société, mais qui souffre lui-même d’une dérive : celle de ne rien vouloir dire pour ne fâcher personne. La frilosité du réalisateur laisse le spectateur faire le travail à sa place.
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