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All inclusive
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le 1 févr. 2023
Prix French Touch du jury de la Semaine de la critique en 1922 à Cannes et en cumulant bien d'autres, "Aftersun", premier film de Charlotte Wells surprend par la forme audacieuse qu'il adopte d'emblée : pixellisations, effets stroboscopiques, caméra tremblée, alternant l'image granuleuse de la vidéo familiale et celle du cinéma, travelling calqué sur un trajet de car, dont l'accélération provoque une image en mouvement abstraite... l'arrivée à destination est déjà le condensé du récit du film, que l'on ne comprend bien sûr qu'après. Les yeux des protagonistes sont également des caméras, et le film épouse parfois leur point de vue. Le père souvent filmé de dos, comme si sa fille le regardait alors qu'elle dort... cette succession d'images à priori banales finissent par créer une forme d'étrangeté. Les plans sont souvent très travaillés et offrent toujours une singularité dans le cadrage, où dans la manière de montrer par le truchement de surfaces réfléchissantes (écran noir de la télévision, baies vitrées). Cette belle tranche de vie entre le père et sa fille, à la faveur d'un séjour en Turquie, est l'occasion d'utiliser tous les points de vue, terre, ciel, mer, et de les donner à montrer, parfois en les enchâssant subrepticement. C'est aussi l'histoire d'un basculement vers l'adolescence pour Sophie, 11 ans, qui va profiter de ses vacances pour explorer ses attirances. Le film est beau en cela que les personnages, bien que souvent ensemble, ont leur autonomie, écrivent chacun de leur côté leur propre histoire. Les deux comédiens sont épatants, Charlotte Wells filmant leur jeunesse respective avec beaucoup de pudeur, d'attentions. À la faveur d'errances nocturnes, le film se fait cosmique et flirte avec le noir et blanc. Cette recherche constante d'une image différente, surprenante est le plus bel atout de ce film hautement sensible.
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Créée
le 6 avr. 2025
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